Peut-on améliorer sa volonté?

Dans une étude portant sur un million de personnes, la plupart ont déclaré que leur plus grande faiblesse était le contrôle d’elles-mêmes, rappelle Laura Vanderkam de BNET. Elle a réussi à obtenir une interview avec Roy F. Baumeister, un professeur de psychologie, qui a coécrit « , Willpower: Rediscovering the Greatest Human Strength » (« Volonté : redécouvrir la plus grande force humaine ») avec John Tierney, un journaliste du New York Times.

Baumeister rappelle que tout est lié, et que la volonté fait appel aux ressources d’énergie de l’organisme, dépendantes de la satisfaction des besoins de base comme la nourriture, et dans lesquelles d’autres fonctions viennent puiser, comme les battements du cœur, ou le système immunitaire. De plus, le contrôle de soi est impliqué dans des processus de natures variées, qui vont de la résistance aux tentations alimentaires, en passant par les processus de pensée, le contrôle des émotions, le souhait de bien faire son travail, ou d’autres tâches. Il est également impliqué dans la prise de décision, donc lorsque l’on choisit, on utilise l’énergie dont nous avons besoin pour le contrôle de soi. Ceci explique pourquoi nous sommes moins bons en maths lorsque nous avons un rhume, par exemple.

Une autre conséquence de ce lien à l’énergie est celle de la détérioration du stock de volonté au fil de la journée. Les régimes sont rompus en soirée, pas le matin. La plupart des crimes impulsifs sont commis après 11H ; l’abus d’alcool ou de drogues, les mauvais comportements sexuels, ou encore les excès au jeu, ont tendance à survenir en soirée.

A contrario, les personnes les plus productives font leur meilleur travail tôt dans la journée. Cependant, des personnes sont plus volontiers « nocturnes », et disposent de leur meilleure énergie tard dans la journée. Il est important de respecter ces rythmes. De même, la prise des repas regonfle cette énergie, et l’on prend de meilleures décisions après les repas. Pour cette raison, il est important de ne pas sauter le petit-déjeuner.

Enfin, Baumeister évoque l’importance des rituels. Les rituels liés à notre apparence, tels que le fait de se raser pour les hommes, par exemple, nous permettent d’alerter les autres que les règles s’appliquent toujours, et peuvent éviter des situations d’escalade en maintenant un ordre. Ils jouent également le rôle de petits exercices de volonté. Le contrôle de soi est en effet comme un muscle qui peut être développé et rester fort s’il est exercé régulièrement. Enfin, les petites routines bien installées, en devenant automatiques, nous évitent d’avoir à prendre des décisions, et donc, à économiser notre énergie pour en prendre d’autres, plus importantes. 

(Image: 'M&M Trail')

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