Peut-on améliorer son salaire en soignant son apparence?

Dans un monde idéal, les gens obtiendraient l’emploi et le salaire qu’ils méritent, en fonction de leur valeur réelle. Mais il n’est pas toujours possible au cours des entretiens de déterminer les qualités du candidat. De plus, une discrimination peut entrer en ligne de compte, et parfois un bon candidat est rejeté en raison de l’ethnie à laquelle il appartient, ou à cause de son sexe ou même, de son physique. On a ainsi démontré qu’une discrimination physique existait sur le marché du travail, et que, par exemple, les hommes petits gagnent moins que les grands, en général.

L’économiste Daniel Hammermesh, après avoir mis en évidence que les personnes laides sont souvent sous-payées, s’est demandé si la société devrait proposer une compensation pour celles qui font l’objet de ces discriminations en raison de leurs caractéristiques physiques.

Parfois, il est nécessaire d’être séduisant pour satisfaire les conditions d’embauche. C’est le cas de toute évidence pour les mannequins, mais aussi pour les métiers de vente, par exemple. Les études ont démontré que les gens sont plus susceptibles d’acheter si les vendeurs sont séduisants.

Hammermesh s’est intéressé aux exigences du marché du travail pour les femmes chinoises. Il a trouvé que lorsqu’elles dépensaient plus d’argent pour leurs vêtements et leurs produits de beauté, elles augmentaient la probabilité d’être classée dans la catégorie des femmes séduisantes. Cependant, les bénéfices étaient décroissants par rapport aux dépenses en produits de beauté. Chaque yuan supplémentaire que les femmes rajoutaient à leurs dépenses de produits de beauté n’augmentait leur salaire mensuel que de 11 à 12,8 cents. En clair, elles ne parvenaient jamais à « amortir » leur investissement en produits de beauté, parce que le rendement en était trop faible. Pire, plus elles dépensaient, et plus ce rendement chutait. Les femmes qui dépensaient des centaines de yuans en produits cosmétiques ne gagnaient guère plus que celles qui n’y avaient consacré que 200 yuans.

La conclusion d’Hammermesh, c’est qu’investir dans la beauté ne vaut pas le coup : la beauté coûte plus qu’elle ne rapporte.

Finalement, au lieu de songer à une loi anti-discrimination, il faudrait plutôt proposer des réductions fiscales sur les colorations et les épilations… 

 

  • Source:The Economist
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