Pourquoi certains parviennent à convertir leurs erreurs en succès, et pas les autres?

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La voie du succès est pavée d’échecs. Mais nous ne sommes pas tous égaux face aux échecs. Certains sont capables de convertir leurs échecs en succès, tandis que d’autres échouent encore et toujours plus. Comment l’expliquer ? Des chercheurs ont découvert que chaque erreur provoque deux réactions bien distinctes dans notre cerveau :

- La négativité liée à l’erreur (ERN pour error-related negativity). Surtout involontaire, elle survient 50 millisecondes après la découverte de l’erreur.

- La positivité liée à l’erreur (Pe pour error positivity), qui apparait 100 à 500 millisecondes après l’échec. Le signal surgit lorsque nous faisons attention à l’erreur, et que nous réfléchissons au résultat décevant.

Or, nous apprenons mieux de nos erreurs lorsque deux caractéristiques sont présentes :

- Un signal ERN plus fort, signifiant une réponse initiale plus puissante à l’erreur ;

- Un signal Pe plus cohérent, ce qui signifie que nous nous concentrons sur l’erreur, et tâchons d’apprendre d’elle.

Mais une nouvelle étude, menée par Jason Moser, un psychiatre de la Michigan State University s’est aussi penchée sur l’influence de notre éducation sur ces signaux cérébraux. Il a repris les travaux de Carol Dweck, une psychiatre de Stanford. Celle-ci avait distingué deux types d’état d’esprit : un état d’esprit fixe, selon lequel l’intelligence de chacun d’entre nous est déterminée et que nous ne pouvons rien y changer, et un état d’esprit propice au développement, selon lequel nous pouvons nous perfectionner dans presque tous les domaines, pourvu que nous y consacrions du temps et de l’énergie.

Les gens dotés de l’état d’esprit « fixe » analysent les erreurs purement négativement, comme le témoignage de lacunes irrémédiables, alors que ceux qui ont foi en leur possible développement considèrent qu’elles constituent une étape nécessaire de l’apprentissage. Moser a donné des séquences de lettres à reconnaitre à des sujets : un test suffisamment assommant pour garantir des erreurs liées à l’ennui. Il a conclu que les personnes avec la mentalité de développement connaissaient un signal Pe plus intense, et commettaient de moins en moins de fautes au fur et à mesure du déroulement de l’étude.

Comment faire pour instiller le bon état d’esprit à nos enfants ? Le Docteur Dweck avait constitué au hasard 2 groupes d’étudiants : le groupe de ceux que l’on avait surnommé  « les malins », et un autre groupe pour lequel l’accent était plus mis sur l’effort. Les étudiants du groupe des malins finirent par penser que les erreurs étaient le témoignage de l’idiotie, et commencèrent à s’endormir sur leurs lauriers. Les étudiants de l’autre groupe manifestaient moins de crainte de faire des erreurs et remportaient des succès réguliers. Après un certain délai, ils démontraient 30% de bons résultats que les « malins », qui virent leurs notes chuter de 20%. L’état d’esprit « fixe » les avait fait régresser.

Selon un troisième psychiatre, David Nussbaum, la capacité à accepter l’analyse de ses erreurs pour apprendre d’elles provient de notre estime de nous-mêmes. L’échec n’est jamais facile, mais le succès exige que nous surmontions notre frustration pour trouver les aspects positifs de nos erreurs.

  • Source:The Wall Street Journal
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