Pourquoi les leaders les plus brillants peuvent-ils aussi être les plus odieux?

Depuis l’arrestation de DSK, les bouches commencent à s’ouvrir, des témoignages se font jour, et le monde, et plus particulièrement les Français, découvrent avec stupeur ce que les media semblaient déjà savoir : le patron du FMI, économiste génial et homme politique brillant, se serait aussi parfois conduit de façon odieuse avec les femmes, selon certains témoignages.

Pour Margaret Hefferman, dans bnet.com, DSK fait partie d’une lignée de leaders, à laquelle elle associe également Roosevelt, Churchill, Steve Jobs, Jack Welch (ex-CEO de General Electric qui demandait à ses directeurs de département de licencier chaque année les 10% de salariés les moins performants de leurs équipes) et John Browne (ex-CEO de BP) et qui ont réussi, et parfois échoué, parce qu’ils étaient submergés par leur insensibilité aux sentiments des autres, n’étant plus réceptifs qu’aux leurs. En clair, parce qu’ils étaient devenus des monstres de narcissisme.

DSK a réussi à transformer le FMI, et il a été confronté à certains des pires moments du système monétaire international : crises successives de certains pays de la zone Euro, déficit des Etats Unis, sans parler des divergences d’opinions de plus en plus manifestes des différentes forces sur l’échiquier international. Ironiquement, ces grandes réussites ne sont probablement pas à la portée d’une personne moyennement empathique, capable de se remettre en question, estime-t-elle.

Elle explique que les narcissiques sont souvent seuls, parce que leur personnalité les empêche d’entrer réellement en contact avec les autres. Ils parlent bien, mais ils n’écoutent pas leurs interlocuteurs, ce qui finit par décourager ces derniers. Ils rabaissent leur entourage systématiquement, et finissent par n’être plus entourés que par une cour d’esclaves et de flagorneurs.

En outre, les personnes puissantes assimilent les informations différemment des autres. Les recherches scientifiques ont démontré qu’elles étaient plus facilement optimistes, mais aussi plus abstraites, et plus confiantes, ce qui leur donne un sentiment d’invulnérabilité. C’est ce dernier aspect qui les amène à prendre des risques inconsidérés.

Les plus malins d’entre eux parviennent à saisir que le pouvoir est un problème puisqu’il les isole, tandis que les autres se laissent piéger par le leurre du luxe, ce qui parachève leur solitude, conclut-elle. 

 

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