Pourquoi n'aurons-nous jamais les emplois que l'on nous promet?

Aux Etats Unis, les politiciens s’affrontent pour trouver la meilleure manière de créer des emplois : pour les démocrates, il faut stimuler l’économie, et pour les Républicains, il faut au contraire réduire les dépenses publiques pour baisser les impôts et favoriser la demande. Mais peut-on résoudre le problème du chômage d’aujourd’hui en appliquant des recettes éculées des années 1960 ou 1980, se demande Thomas L. Friedman ?

Il faut se tourner du côté de ce qui marche aujourd’hui, les firmes de la Silicon Valley, pour comprendre quelle est la véritable nature du problème. Examiner ces start-ups qui sont évaluées des milliards, et qui pourtant ont des effectifs si faibles, observe-t-il. « Même si elles recrutent aujourd’hui, elles recherchent toutes des ingénieurs talentueux ».

Beaucoup d’employeurs ont employé la pression de la crise pour automatiser davantage, sous-traiter, de manière à maintenir leurs standards de qualité tout en réduisant leur main d’œuvre, et du même coup, toutes les charges salariales qui vont avec. Désormais, ils sont extraordinairement exigeants à l’embauche, et recherchent des candidats qui, en plus de leurs excellentes compétences, seront capables de créativité pour réinventer leur poste chaque jour, dans un marché de plus en plus changeant. Les salariés ne sont plus évalués annuellement à la Silicon Valley, ils le sont tous les trimestres, et si leurs résultats ne sont pas en phase avec les attentes de leurs employeurs, ils doivent partir.

Reid Garrett Hoffman, le fondateur de LinkedIn, a écrit un bestseller, « The Start-Up of You », dans lequel il explique que les professionnels doivent comprendre qu’il leur faut développer de nouvelles compétences. Les carrières ne seront plus jamais linéaires, et il faut désormais envisager son avenir professionnel comme un créateur de start-up envisage son affaire. Exit, les plans à long terme : maintenant, il faut expérimenter, et s’adapter en fonction des leçons du terrain. Puis exploiter ses réseaux pour détecter les opportunités de croissance, et ensuite, se doter des compétences adaptées à cet environnement pour faire la différence le moment venu. Enfin, être opiniâtre, et essayer, encore et toujours, jusqu’à ce que ça marche. Hoffman l'affirme : « Vous ne pouvez plus juste vous dire +J’ai un diplôme universitaire, j’ai droit à un boulot, et quelqu’un devrait comprendre qu’il doit me recruter et me former+ (…) Vous devez trouver un moyen d’ajouter de la valeur d’une manière inédite. Pour les créateurs d’entreprises, la règle, c’est se différencier ou mourir. Cela vaut désormais pour nous tous ». 

(Photo Flickr / 'Chairs') 

  • Source:The New York Times
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