Pourquoi vous ne démissionnerez pas...

Nous connaissons tous des gens qui ont un projet en tête, et qui parlent de quitter leur entreprise. Mais bien souvent, ils ne sautent jamais le pas, et nous les retrouvons, quelques années plus tard, toujours fixés sur les mêmes rêveries… mais dans la même entreprise.

Comment expliquer ce comportement ? Pour Daniel Gulati, un chef d’entreprise new yorkais auteur de « Passion & Purpose: Stories from the Best and Brightest Young Business Leaders », cette incapacité à quitter son emploi actuel n’a pas grand-chose à voir avec la peur du risque de leur nouvelle fonction que ces candidats entrevoient, ni avec celle du chômage en cas d’échec de leur projet. Cependant, il envisage 3 raisons pour expliquer cette procrastination :

1) Nous sommes conditionnés pour poursuivre notre emploi actuel.

Au cours de l’expérience de Skinner, des chercheurs ont montré que des rats que l’on avait conditionnés pour recevoir de la nourriture après avoir appuyé sur un levier un nombre de fois déterminé, cessait immédiatement de le faire dès que la même action n’était plus suivie par de la réception de nourriture. En revanche, des rats qui recevaient la nourriture après avoir appuyé sur le levier un nombre aléatoire de fois continuaient à le faire bien après l’arrêt de la remise de nourriture.

Or, dans l’entreprise, nous sommes aussi conditionnés à recevoir des récompenses à un rythme aléatoire (une prime, une augmentation, mais aussi un compliment, décrocher un gros client…), et comme les rats, chaque récompense nous motive à poursuivre notre travail dans l’espoir d’en obtenir une nouvelle.

2) Nos échecs sont plus visibles que jamais

Avec les réseaux sociaux, les informations deviennent virales, et en cas d’échec, nos amis en seront avisés rapidement. Notre aversion naturelle pour le risque nous fait redouter la renommée que nous pourrions acquérir rapidement à la suite d’un échec, et décourage la plupart d’entre nous, déjà naturellement prudents, de suivre une voie plus risquée que celle du petit train-train que nous suivons actuellement.

3) Nous souffrons d’optimisation prématurée

Il est communément admis que c’est à petit pas que l’on progresse vers un grand projet, et que c’est en obtenant de petites victoires successives que l’on finit pas réaliser de grands desseins. Mais Gulati explique que l’inconvénient qu’il en conçoit, c’est que nous avons du coup plus tendance à nous intéresser à des buts facilement réalisables, plutôt qu’à de grands projets. Finalement, beaucoup des personnes nourrissant des rêves de nouvelle carrière, les reportent à une autre échéance parce qu’ils préfèrent atteindre un jalon de court terme plus facile à réaliser dans leur carrière actuelle (« je le ferai lorsque je serai arrivé à tel poste » ; « je le ferai à la fin de l’année »).

  • Source:Harvard Business Review
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