Précarisation de l'emploi en Belgique : 200.000 “travailleurs pauvres” et 12,6% de ménages sans emploi

En Belgique, on dénombre plus de 200.000 travailleurs pauvres, souvent surqualifiés, par rapport à l'emploi exercé.

Jeudi, le tout premier rapport de la Commission européenne sur la situation sociale décrivait la Belgique comme le pays de l’Union comptant le plus de citoyens vivant dans un ménage sans emploi. Quelques jours auparavant, l’office statistique européen, Eurostat, situait le pays en tête des Etats où sévit le plus la surqualification : plus d’un travailleur belge sur cinq exerce un emploi de niveau inférieur à sa formation. Concrètement, 22 % des travailleurs belges âgés de 25 à 54 ans possédant un titre universitaire ou une formation professionnelle supérieure occupent un emploi inférieur à leur qualification. En ce qui concerne les travailleurs étrangers occupés en Belgique, la proportion atteint même les 29 %.

Sur 27 Etats membres, le Royaume est en quatrième position, derrière l’Espagne (31 % de surqualifiés), l’Irlande (29 %) et Chypre (27 %). Les Pays-Bas, eux, sont 19e (12 %).

Ce problème touche surtout les Etats à haut niveau de formation : ceux qui "produisent" beaucoup de hauts diplômés, sans créer suffisamment d’emplois qualifiés pour absorber la demande… L’emploi n’est donc plus une protection absolue contre l’exclusion : la Belgique compterait plus de 200.000 "travailleurs pauvres", selon Eurostat.

Jeudi, le commissaire européen à l’Emploi, Laszlo Andor, avertissait les Etats membres sur la tentation de miser sur les "mini-jobs", ces contrats de travail à temps partiel et à faible rémunération. L’Allemagne, qui promeut ces "mini-jobs" depuis 1999, occupe ainsi 6,8 millions de travailleurs, essentiellement des femmes (62 %), dans les secteurs du commerce, de l’horeca, des entreprises de nettoyage et du transport.

Cependant, l’Allemagne enregistre une forte croissance des inégalités et du risque de pauvreté. En cause, selon Laszlo Andor : l’essor du travail à temps partiel et des "mini-jobs".

Par ailleurs, le rapport montre qu'un citoyen sur huit en Belgique, vit dans un ménage sans emploi. Le plus mauvais score européen, devant la Lettonie (12,2 %) et la Hongrie (11,8 %). Si la proportion de ménages privés de revenus du travail n’a pas cessé d’augmenter, en Belgique, entre 2008 et 2010, la proportion de travailleurs pauvres (4,5 %) régresse légèrement... Cette diminution s’explique surtout par le fait que les travailleurs les plus vulnérables ont été les premiers à perdre leur emploi. Le rapport constate, par ailleurs, la hausse constante du travail à temps partiel, en Belgique : plus de 30 % des travailleurs belges âgés de moins de 25 ans ne disposent que d’un emploi à temps partiel. Lazlo Andor observe la progression des inégalités. Pour ce dernier, une taxation plus équitable des hauts revenus et de la fortune peuvent contribuer à atténuer ces inégalités.

 

  • Source:Le Soir
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