Le « middle management » victime du doute

Le management intermédiaire est en proie au doute : d'après une étude OpinionWay pour Kea & Partners, 60 % d'entre eux sont « de temps en temps » ou « souvent » désorientés. Depuis la crise, ils sont 60 % à vouloir mener des projets de transformation pour leur société, d'après la même étude, en mettant l'accent sur la mobilisation des troupes via un renforcement massif de la communication interne, le développement de projets participatifs, ou encore le souci de donner en permanence « du sens à l'action ». « Mais les dirigeants sont lucides. Ils sont conscients que l'engagement de leurs collaborateurs et leur acceptation du changement reposent en grande partie sur l'inquiétude engendrée par la crise. La question de la remobilisation autour d'un projet d'entreprise fédérateur devient prioritaire », ajoute David-Emmanuel Vivot, manager chez Kea & Partners.

Cette étude révèle également que le middle management est mal dans sa peau : 60 % d'entre eux a le sentiment d'être davantage en accord avec les équipes qu'avec la direction, en porte-à-faux dans leur rôle de courroie de transmission, enfin d'être désorientés et de ne plus savoir quelle décision prendre. 10 % des dirigeants mènent une stratégie de sortie de crise, tandis que 80 % s'adaptent en permanence aux éléments externes. La moitié des dirigeants acceptent plus d'incertitude dans les décisions, mais les deux tiers n'ont pas modifié leurs méthodes et règles d'élaboration de stratégie, les outils de pilotage et de la performance et les pratiques de management. « Si on croise les réponses à ces questions, on constate toutefois que 57 % des dirigeants ont changé significativement tout ou partie de leurs pratiques, souligne David-Emmanuel Vivot. Par ailleurs, une très large majorité pense que ces changements seront pérennes à l'issue de la crise. Ils ont donc généré des évolutions structurelles qu'ils pensent vertueuses pour la reprise. » La crise a, par ailleurs, induit une reprise en mains de l'organisation par les dirigeants et une simplification des processus opérationnels et des échelons hiérarchiques, induisant une remontée plus rapide des informations et une réduction des coûts de structure. Cette simplification est dans 60 % des cas couplée à une action sur les salaires : réductions d'effectifs, de salaires, du temps de travail...

Enfin, si l'allégement de l'organisation a été depuis septembre 2008 primordial pour les dirigeants, 60 % d'entre eux ont accentué la fréquence du reporting et deux sur trois ont maintenu le niveau de détail budgétaire. « De telles mesures ne sont pas vraiment cohérentes avec le discours général de simplification, commente David-Emmanuel Vivot. Néanmoins, environ 20 % ont diminué le niveau de détail du reporting. Seront-ils des précurseurs ? »

[Source: Le Figaro]

 

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