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Comme salescoach, nous constatons toutefois à notre grand regret que, dans la
réalité, toutes ces belles promesses ne donnent pas grand-chose. Car bien que
les MRC présentés sur le marché s'améliorent constamment, les directeurs
commerciaux semblent manquer de perspicacité quand il s'agit de diriger et de
briefer des vendeurs.
Serions-nous opposés aux MRC? Pas du tout! Nous vous conseillons simplement
de ne pas agir comme ces couples malheureux qui croient sauver leur relation en
faisant un enfant, pour souvent constater par la suite qu'ils se sont leurrés...
(lisez: ne pensez pas que vous pourrez inciter vos vendeurs à faire de la
prospection uniquement grâce à l'une ou l'autre méthode de MRC).
Voici 8 raisons pour lesquelles tout ne tourne pas toujours rond:
- Le MRC et la prospection: en essayant d'utiliser le MRC pour
activer la prospection, on tente d'apporter une réponse technique à un
problème émotionnel, et cela ne marche évidemment pas. Il existe des aversions
incontestables contre la prospection. Les vendeurs ont horreur de cette
activité et inventent toutes sortes d'excuses pour ne pas devoir prospecter.
Le phénomène est fréquent en Belgique, il l'est moins dans les pays
anglo-saxons et aux Pays-Bas. Tout psychologue sait que certaines inhibitions
ne se soignent pas en forçant le patient ou en prescrivant un remède miracle.
Pour bien faire, il faut s'attaquer à leurs causes sous-jacentes (prise de
conscience) et proposer des techniques simples et appropriées (entraînement).
Ce n'est que lorsque cet obstacle sera franchi qu'il y aura de la place pour
de petites astuces techniques qui faciliteront la prospection. Autrement dit,
le MRC ne déclenchera pas l'activité de prospection, il l'améliorera et la
rendra plus efficace là où elle existe déjà. Il ne faut pas oublier non plus
que la volonté de prospecter n'apparaîtra que s'il y a suffisamment de
motivation et de confiance en soi. Le vendeur ne peut par exemple pas se
sentir "colporteur" ou souffrir d'un complexe d'infériorité...
- La gestion des ventes: un bon directeur commercial sait qu'il doit
essentiellement adopter les styles de direction S2 (entraînement) et S3 (motivation).
(PS : Kenneth Blanchard - Situational leadership). Il ne suffit pas
d'uniquement mesurer les résultats, mais également d'enregistrer les efforts
fournis: management par les efforts et management par les résultats.
Un système de MRC propose souvent toutes sortes de fonctions mais pas
les mesurages dont le directeur commercial a besoin pour bien piloter ses gens.
Or c'est précisément au traitement statistique des données qu'il faut prêter
le plus d'attention et non pas aux aspects qui portent sur le fond. Bien
diriger et briefer des vendeurs n'est possible que si l'on dispose de données
statistiques efficaces et de l'analyse de celles-ci. Ignorant leur rôle
comme directeur commercial, beaucoup de responsables s'occupent uniquement de
l'évaluation sur le fond des résultats des visites récentes. Avec des
résultats très décevants sur le plan de la direction et de l'augmentation du
rendement.
- Le fond: le MRC est souvent considéré comme un moyen pour
enregistrer toutes sortes de rapports de visites. C'est important pour le
vendeur, prétend le directeur. Avis qui n'est pas pour autant partagé par le
vendeur. Du reste, si un patron dirige 8 vendeurs qui effectuent tous chaque
jour 4 visites, il aura à lire par mois 704 rapports. Nous avons nous-même été
directeur commercial et, honnêtement, c'est quelque chose que nous n'avons
jamais fait. Quant à la valeur de toute cette paperasserie descriptive
concernant les clients? Vous vous en servirez lorsque votre vendeur quittera
votre entreprise ou que vous souhaitez congédier quelqu'un sur base de... Pas
très motivant pour un vendeur qui de toute façon voit les choses d'un autre
oeil! Les rapports n'ont que peu d'utilité si ce n'est qu'on peut leur
attribuer un mot-clé qui permettra à un logiciel de recherche de filtrer
ultérieurement les actions à entreprendre éventuellement en cas de problème X,
Y ou Z, puisque c'est tout compte fait de ça qu'il s'agit!
- Effet pervers des suppositions: beaucoup de vendeurs préparent
leurs conversations de vente en consultant sur le web le site de leur client
et en lisant de la littérature spécialisée et d'anciens rapports. Ils croient
ainsi bien se préparer. La pratique nous apprend toutefois que les vendeurs
jugulent de cette façon leur ouverture d'esprit et parlent surtout en se
basant sur des suppositions: "J'ai appris que vous..." aiment-ils dire
pour prouver qu'ils se sont bien informés. Ce qui est très dangereux! Vendre,
c'est avant tout écouter, même si on croit connaître d'avance la réponse. Le
choix des mots, le ton et le langage corporel du client indiquent en effet
comment il perçoit les infos. Dans une conversation de vente, seul un vendeur
très expérimenté est capable de cacher les informations qu'il a recueillies au
préalable. Et si vous souhaitez quand même bien vous préparer à une
conversation de vente, nous vous conseillons de surtout vous concentrer
mentalement sur votre aptitude à écouter les autres.
- Vendeur berger contre vendeur chasseur: L'expérience nous
l'enseigne la chose suivante et déroutante : "mieux les vendeurs tiennent à
jour le MRC, moins ils auront le profil d'un chasseur". Nous devons donc
choisir entre des "bergers" administratifs et des "chasseurs" combatifs. Le
juste milieu, qui se situe quelque part entre les deux, nous laisse sceptique.
- "Big Brother me surveille": soyons honnête! Beaucoup de managers
veulent savoir ce qui se passe "sur la route" et exigent donc des rapports. Il
n'y a aucun mal à cela, mais il faut tenir compte du sentiment sous-jacent
qu'une telle exigence éveille chez le vendeur. Le rôle du directeur commercial
consiste à utiliser ces informations de façon constructive et non pas
répressive. Or, c'est généralement le contraire qui se produit et qui explique
que les vendeurs cherchent par n'importe quel moyen ou excuse à ne plus devoir
rédiger de rapports. La forme de résistance la plus ludique consiste à
demander au patron: "Que voulez-vous au juste? Que je vende ou que j'écrive
des rapports?"
- "Nous ne parvenons pas à suivre et avons plus qu'assez de commandes
spontanées! Nous pouvons donc très bien nous passer de MRC et de prospection."
Cet afflux de travail est-il vraiment une raison suffisante pour ne plus faire
de prospection? Bien sûr que non, et ceci pour la raison suivante: si votre
entreprise est uniquement en mesure de répondre aux demandes spontanées, elle
subit les événements. Dans pareil cas, c'est en fait le hasard qui décide de
votre impact géographique, des produits que vous vendez, des groupes-cibles
dont vous vous occupez. Vous ne contrôlez donc à vrai dire rien, et vos
affaires apparemment saines pourraient très bien péricliter sans que vous ayez,
à défaut de gestion stratégique, de quoi rectifier le tir à temps.
- "Nous n'avons pas de directeur commercial, car notre entreprise est
trop petite": ce n'est pas parce que vous prétendez être trop petit pour
avoir un directeur commercial que vous pouvez négliger la gestion de vos
ventes. Nous sommes convaincus que le fait d'avoir des vendeurs rend à lui
seul la négligence d'une gestion convenable économiquement injustifiable.
Cette gestion devra en plus vous permettre d'exiger en cas d'embauche la
rédaction de rapports et le suivi d'un MRC comme élément indissociable du
contrat. Car comme les bons vendeurs sont généralement (et d'ailleurs
heureusement!) des individualistes plutôt impertinents, un manager médiocre
n'a aucune prise sur eux à ce niveau-là!
Conclusions: nous ne sommes pas du tout opposés à la mise en place
d'un MRC mais ne plaidons son introduction que lorsque celle-ci inclut la
disponibilité d'un directeur commercial, qui peut être soit le patron lui-même,
soit un employé à temps plein, soit une personne externe à l'entreprise et
engagée à temps partiel. Car il s'agit bel et bien d'une profession à part
entière qui peut être parfaitement, si pas mieux, exercée par une personne qui
assume cette fonction parallèlement dans plusieurs entreprises. Il doit de toute
façon s'agir de quelqu'un qui s'y connaît en matière de briefing, qui peut
corriger le comportement des gens et qui sait se servir positivement des
chiffres et des statistiques comme apport sensé à l'entraînement qu'il donne.
(Source:
salesguide.be)
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