De nouveaux documents suggèrent que l'invasion en l'Irak intéressait les grandes compagnies pétrolières

Quelle a été la motivation réelle du gouvernement britannique lors de sa participation à l’invasion de l’Irak ? Des documents révélés par le quotidien britannique The Independant remettent en question la nature de l’engagement des Britanniques aux côtés des Américains durant cette période. Ils indiquent que des plans pour exploiter les réserves de pétrole de l’Irak avaient été négociés entre le gouvernement britannique et les plus grandes compagnies pétrolières du monde un an avant que les Britanniques ne prennent la direction des opérations pour l’invasion de l’Irak.

BP a démenti avoir tout "intérêt stratégique" en Irak, tandis que Tony Blair a jugé cette "théorie de la conspiration du pétrole" la "plus absurde qui soit". Tandis que BP démentait publiquement avoir eu des vues sur l’Irak, en privé, la firme avait affirmé au bureau des Affaires Etrangères que l’Irak était "plus important que ce qu’ils avaient pu voir depuis longtemps".

Cinq mois avant l’invasion de mars 2003, la Baronne Symons, alors Ministre du Commerce, avait  indiqué à BP que le gouvernement estimait que les firmes britanniques du secteur de l’énergie pourraient recevoir une part des immenses réserves en gaz et en pétrole de l’Irak en récompense de l’engagement militaire de Tony Blair œuvrant aux côtés des troupes américaines. Plusieurs réunions auraient eu lieu entre les compagnies pétrolières et des officiels du gouvernement britannique.

 

Les contrats de 20 ans signés dans le sillage de l’invasion furent les plus importants de l’histoire de l’industrie pétrolière. Ils concernaient la moitié des réserves de l’Irak – 60 millions de barils de pétrole, achetés par des compagnies telles que BP et CNPC (China National Petroleum Company), et leur consortium a réalisé 658 millions de dollars de profit par an avec le champ de Rumaila dans le sud de l’Irak.

 

Ce qu’ils ont dit avant l’invasion :

-          Mémoire du Foreign Office le 13 novembre 2002, après une réunion avec BP : "l’Irak est le gros prospect en matière de pétrole. BP veut absolument en être et ils sont inquiets que les accords politiques leur fassent perdre l’opportunité de concourir. Le potentiel à long terme est énorme… "

-          Tony Blair, le 6 février 2003 : "La théorie de la conspiration du pétrole est honnêtement l’une des plus absurdes qui soient quand on l’analyse. Le fait est, si le pétrole de l’Irak était notre préoccupation, je pense que nous aurions pu négocier un accord avec Saddam demain en rapport avec le pétrole. Ce n’est pas le pétrole, la question, ce sont les armes…

-          BP, le 12 mars 2003 : "Nous n’avons aucun intérêt stratégique en Irak"

-          Shell, le 12 mars 2003 a affirmé que les rapports selon lesquels elle aurait discuté des opportunités en matière de pétrole avec le gouvernement britannique étaient "hautement inexacts" et a indiqué : "Nous n’avons ni recherché ni participé à des réunions avec des membres du gouvernement britannique à propos de l’Irak".

 

  • Source:The Independent
Share
La bourse
Royal Dutch Shell A (RDSA1)
Cours 25.18 Clotûre veille 25.11
Haut 25.32 Bas 24.93
25/05/2012 17:38
PALMARES BEL20