Irène, un ouragan médiatique? Les Etats Unis ne seraient pas devenus une nation hystérique?

Le bilan de l’ouragan Irène s’établit finalement provisoirement à 31 morts et 13 milliards de dollars de perte. The New York Times rappelle que l’ouragan finalement ne s’est pas avéré aussi terrible que le désastre historique que beaucoup avaient craint, tant il est vrai que cet ouragan avait été présenté comme un Armageddon.

Finalement, la couverture médiatique, de catégorie 5, elle, ironise Howard Kurtz dans The Daily Beast, s’est résumée à une tempête dans un verre d’eau. « Le tsunami du battage médiatique sur cette affaire a été acharné, une performance de catégorie 5, guidée dans une large mesure par les évaluations». Les producteurs, désireux de conserver leur public, n’ont pas voulu interrompre leur couverture, et ont diffusé des vidéos filmées sur le terrain. Les politiciens ont maintenu l’angoisse en tenant conférence de presse sur conférence de presse.

Il y a bien eu des inondations, notamment à Long Beach, mais c’est une zone qui ne dépasse le niveau de la mer que d’un mètre, et qui est sujette par nature aux inondations de toute façon. Un homme a été sauvé in extremis de la noyade à New York, mais après tout, ce genre d’évènement est courant dans les villes où coule le Mississipi. Et les media ont maintenu cette ambiance dramatique alors même qu’Irène était rétrogradée à une simple tempête tropicale.

Mais The Economist rappelle que quoi qu’il arrive, les cyclones sont à prendre au sérieux, et qu’ils peuvent potentiellement causer des millions de dégâts et tuer des centaines, voire des milliers de personnes. Et aucun politicien ne veut se trouver dans la situation de George W. Bush après le passage de Katrina. De plus, il est assez inhabituel que la côte Nord-Est américaine se trouve sur le passage de l’un de ces cyclones. De ce point de vue, ce battage médiatique trouve sa pleine justification. 

Patrick Michaels dans Forbes rappelle que tandis que le nombre de ces phénomènes climatiques a peu évolué, le battage médiatique qui les accompagne s’est développé de façon exponentielle. Cette surenchère d’information aboutit à une dédramatisation de ces phénomènes qui peut avoir des conséquences terribles. Après le passage d’Irène, médiatisé de façon disproportionnée, le public va-t-il suivre les avis de prudence qu’on rendra publics dans la perspective de l’arrivée d’un nouveau cyclone ? A cet égard, combien de personnes le battage médiatique d’Irène risque-t-il de tuer ?

 

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