La morale du foot

La coupe du monde de foute-balle me laisse de glace. Mais le jeu, ce « sport de gentlemen joué par des voyous », me plonge parfois dans des abîmes de perplexité, quand l’écho de ses controverses parvient à mes oreilles ennuyées.

Vous avez sûrement encore en mémoire, comme moi, le scandale provoqué par la faute de main de Thierry Henry, celle qui autorisa l’équipe de France, au lieu de celle d’Irlande, de se couvrir de ridicule en Afrique du Sud. Vous avez vu, hier soir, un certain Suarez repousser des deux mains un ballon ghanéen qui allait pénétrer dans le but de la Céleste?

Carton rouge et penalty, on est d’accord. Penalty raté, c’est le jeu. Il n’en reste pas moins que les mains de Suarez ont changé la face de la compétition plus sûrement que le nez de Cléopâtre celle du monde. Scandale? Que nenni pour les brillants intellectuels du commentaire à chaud: Suarez, le brave petit, « s’est sacrifié » pour son équipe. Et on trouve ça beau. Grand. Sublime d’abnégation.

Je ne comprends pas. En enfreignant sciemment les règles du jeu pour en changer le cours, ce Suarez n’a pas moins triché que le Titi. Moi, si j’avais été l’arbitre, j’aurais accordé le but. Le ballon n’a pas franchi la ligne? On s’en fout. Ce qui compte, c’est ce que « voit » l’arbitre. Et je la voyais au fond, moi, cette balle, quoi que puissent en direles caméras.

Mais bon: Ghana ou Uruguay, rien à cirer. Pourvu que nos voisins hollandais, au tour prochain, punissent les tricheurs aussi durement qu’ont été punis les bleus.

Et si vous n’êtes pas convaincu que ce Suarez n’est qu’une petite frappe, lisez donc l’explication qu’il a fournie de son geste…

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Charles Bricman

Charles Bricman a quinze ans de journalisme (La Libre Belgique, Le Vif-L'Express, Le Soir), dix autres à la direction du service juridique de l'ULB, et puis quatre dans le transfert de technologies et la création d'entreprises.

Son blog s'appèle: On a des choses à se dire

 

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