Le droit à de bonnes nouvelles, parce que La vita è bella

Pour le philosophe Peter Sloterdijk, les journalistes exagèrent la gravité des évènements pour leur donner plus d’intérêt, mais ce faisant, ils développent un climat dramatique désagréable. Dans le quotidien suisse Tages-Anzeiger, il propose une alternative : le droit aux bonnes nouvelles, comme les Florentins de la Renaissance pouvait en avoir un avec le Décaméron, un recueil de nouvelles allégoriques en prose qui racontait des histoires merveilleuses aux gens pour les détourner du drame de la peste.

"La poésie à l’époque de la peste nécessite que l'on dise La vita è bella, même si les messagers de mauvaises nouvelles ne veulent pas le savoir. Dans les moments les plus sombres de l'humanité, lorsque même l'Evangile ne permet plus de surmonter la supériorité des mauvaises nouvelles, ces histoires permettent de le dépasser. Elles diffusent la bonne nouvelle selon laquelle il existe toujours un savoir-vivre dans le monde qui permettra à celui-ci de prendre un nouveau départ. … Sur la colline surplombant Florence, un droit de l'homme plus antique que tous les autres droits de l'homme s’est créé : celui d’avoir de nouvelles meilleures que ne l’est la situation, qui démontrent que l'intelligence ne doit jamais disparaître. Ce droit, c’est celui qu’a l'homme d’utiliser la poésie pour des créatures en quête de régénération. Tous ceux qui veulent entendre des nouvelles qui ne soient pas désespérantes y ont droit."

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