L'effet positif des placebos se confirme

En 1572 Michel de Montaigne, philosophe français, a observé que la simple vue d'un médicament pouvait avoir un effet positif sur un malade, ça s'appelle l'effet placebo. Depuis lors, des quantités de pilules et autres capsules ont été administrées à des patients sans aucune preuve de leur efficacité.

Certains appellent ça un mensonge honorable et d'autres une attitude contraire à l'éthique.

Une étude menée par des médecins américains sur 1200 généralistes a révélé que 679 d'entre eux ordonnaient des placebos de temps en temps. 40% disent utiliser des analgésiques ou vitamines comme placebos et 13% avouent utiliser des antibiotiques ou des tranquillisants comme placebos. Deux tiers affirment ne pas utiliser le mot placebos en face de leurs patients mais parler plutôt «d'effets bénéfiques potentiels du médicament ». 3% avouent utiliser des pilules ne contenant que du sucre.

Les expériences en laboratoire ont confirmé l'effet positif des placebos, ce qui explique leur popularité.
Le professeur Benedetti de l'université de Turin, auteur d'un livre sur le sujet, prouve qu'il existe une réponse placebo au niveau des cellules du cerveau et ses recherches ont démontré cet effet sur des malades souffrant de la maladie de Parkinson. Il est convaincu que dans le futur la recherche sera capable de comprendre le circuit neurologique stimulé par l'utilisation des placebos.

Selon Nico Diederich, neuroscientifique au centre hospitalier du Luxembourg, l'effet placebo réside dans l'attente d'un résultat positif chez le patient. Il a remarqué que l'utilisation de placebos stimulait la sécrétion de dopamine chez les gens souffrant de la maladie de Parkinson (maladie caractérisée par la diminution des cellules produisant la dopamine) et augmentait la production d'analgésiques chez les gens ayant des douleurs.
Une autre étude révèle que faire croire à un patient qu'on lui injecte de la morphine alors que ça n'est qu'une solution d'eau salée est aussi efficace qu'une injection réelle de 6 à 8mg de morphine.
Il s'avère aussi qu'une bonne relation médecin-patient a un effet placebo en soi.

La controverse sur l'aspect éthique de l'utilisation du placebo est toujours en cours et les sceptiques abondent mais beaucoup de médecins continuent de le prescrire en attendant une explication scientifique de ses effets.

[The Economist]

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