Les 7 zones d'ombres qui indiqueraient que Dominique Strauss-Kahn pourrait avoir été la victime d'une machination...

Un journaliste d’investigation, Edward Jay Epstein, vient de publier les résultats de son enquête concernant l’affaire dans laquelle l’ex-directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a été accusé de l’agression sexuelle d’une femme de chambre du Sofitel de Manhattan, Nafissatou Diallo, puis blanchi en raison du manque de crédibilité de son accusatrice. Il a publié dans le New York Review of Books sa reconstitution de la journée du samedi 14 mai 2011, et il pointe plusieurs zones d’ombres qui n’ont pas été soulevées : 

1/ Ce samedi 14 mai, Dominique Strauss-Kahn DSK aurait reçu un message d’une de ses amies travaillant dans les bureaux de l’UMP, le parti politique du président français Nicolas Sarkozy, son opposant politique. Elle l’a averti qu’au moins un de ses emails envoyé à sa femme Anne Sinclair avec celui de ses téléphones qu’il appelait son « BlackBerry du FMI », avait été lu dans les bureaux de l’UMP. Peu de temps auparavant, l’un de ses amis qui travaille dans le corps diplomatique français l’avait averti que ses ennemis complotaient pour le compromettre dans un scandale. Il a appelé sa femme ce matin-là pour lui demander d’arranger un rendez-vous avec un ami qui pourrait examiner son téléphone.

2/ Nafissatou Diallo est entrée dans sa chambre N°2806 à 12H06, et à 12H13, il a appelé sa fille pour la prévenir de son retard. Ce serait pendant ces 7 minutes qu’il aurait agressé sexuellement Nafissatou Diallo. Nafissatou Diallo était sortie de la suite 2806 à peu près au même moment où DSK avait appelé sa fille, vers 12H13. Les enregistrements des clés électroniques de l’hôtel indiquent qu’à 12H26, elle est entrée dans la chambre 2820, où elle était déjà allée à plusieurs reprises ce matin-là, et qu’elle y était même entrée alors que l’occupant de cette chambre s’y trouvait toujours. Nafissatou Diallo n’a pas mentionné aux enquêteurs ses visites dans la suite 2820. Le Sofitel n’a pas voulu révéler le nom du client qui avait occupé cette chambre ce jour-là, pour des raisons de confidentialité. Les équipes de la police d’investigation ne sont pas allées enquêter dans cette chambre.

3/ Les enregistrements de l’hôtel montrent que Nafissatou Diallo n’est pas la seule à avoir pénétré dans la suite 2806 alors que Strauss-Kahn s’y trouvait encore. Entre 12H05 et 12H06, Syed Haque, un employé chargé du service de chambre, a également pénétré dans la suite pour venir récupérer le plateau du petit-déjeuner, selon ses dires. M. Haque a refusé d’être interrogé, et on ne sait donc pas ce qu’il a fait à la suite de sa visite dans la suite 2806, et s’il s’est trouvé dans la suite en même temps que Nafissatou Diallo.

4/ John Sheehan, un expert en sécurité, a été appelé à 13H03, alors qu’il se trouvait chez lui, et s’est précipité à l’hôtel. A 13H28, il a envoyé un message à Brian Yearwood, l’ingénieur en chef de l’hôtel, et un autre message à un destinataire inconnu à 13H30, qui, selon Edward Jay Epstein, n’est autre que René-Georges Querry, le responsable de la sécurité du groupe Accor, son patron. Querry est également l’ex-responsable de la brigade anti-gangs et un proche du président Sarkozy. Il nie avoir reçu ce message et affirme qu’il n’a su ce qui s’était passé à l’hôtel qu’environ 4 heures plus tard, après l’arrestation de Strauss-Kahn.

5/ Pendant ce temps-là, Nafissatou Diallo se trouvait au rez-de chaussée de l’hôtel depuis 12H52, après y avoir été invitée par un homme filmé par les caméras de surveillance, mais qui reste non identifié. A 12H56, Brian Yearwood, qui est allé dans la suite 2806 à 12H51, retourne au rez-de-chaussée pour la rencontrer et écouter son récit. A 13H31, le responsable de la sécurité du Sofitel contacte la police. On ne sait toujours pas pourquoi cet appel a été tant retardé, alors qu’il était crucial que Mme Diallo subisse un examen médical le plus vite possible. Elle n’a subi cet examen que presque 4 heures après l’agression.

6/ Moins de 2 minutes plus tard, l’homme qui a accompagné Diallo au bureau de la sécurité est filmé par une des caméras de l’hôtel s’isoler avec Yearwood juste après son témoignage et ils exécutent une sorte de danse jubilatoire, et se tapent dans les mains, pendant 3 minutes. On ne sait pas ce que les deux hommes fêtaient de cette manière.

7/ Après avoir déjeuné avec sa fille, DSK avait constaté qu’il ne retrouvait plus son BlackBerry du FMI. Il a appelé sa fille pour qu’elle le cherche dans le restaurant, mais elle ne l’a pas retrouvé. Ce BlackBerry du FMI est toujours manquant. Selon l’enquête, il a été mis hors service à 12h51. A partir de ce moment-là, il a cessé d’émettre les signaux qui auraient pu permettre de le localiser. Apparemment, ce téléphone n’aurait jamais quitté le Sofitel. Le journaliste remarque que DSK n’a donc jamais été en mesure de le faire vérifier pour voir s’il avait été piraté.

Manifestement, le compte rendu d’Edward Jay Epstein soulève la question d’une machination dont Dominique Strauss-Kahn aurait été la victime. Il a déjà suscité de nombreuses réactions :

- William Taylor, l’un des avocats de DSK, a évoqué un complot contre son client, et se pose la question du comportement du personnel de l’hôtel Sofitel ;

Douglas Wigdor, l’un des avocats de Nafissatou Diallo, estime que l’article est ridicule, et que sa cliente n’a guère le profil d’une manipulatrice. « C’est une femme qui est très basique », a-t-il dit au Daily Telegraph. 

- Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur français, a nié que des membres de l’UMP aient pu avoir participé à une conspiration. « Ce n'est pas parce que DSK a égaré son téléphone qu'il y a complot»

- Quant au principal intéressé, Dominique Strauss-Kahn, il a refusé de faire tout commentaire à propos de l’article d’Epstein.

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