Les dirigeants soviétiques ont menti à propos du vol dans l'espace de Gagarine

Selon l’ouvrage du journaliste russe Anton Pervushi, "108 minutes qui ont changé le monde" les Russes auraient gommé les accrocs de la mission du premier homme dans l’espace dans le but de la présenter comme une totale réussite et de glorifier l’idéologie communiste dans le contexte de la guerre froide.

Les scientifiques russes auraient ainsi commis deux erreurs à propos de l’endroit où la capsule Vostok 1 devait atterrir, ce qui fait que personne n’est venu à la rencontre de Youri Gagarine lors de son atterrissage à environ 700 km au sud de Moscou, et qu’il a dû lui-même partir à la recherche de moyens de communication pour avertir son commandement de l’endroit de sa présence. Pendant des années, la littérature russe a prétendu qu’il avait atterri à l’endroit prévu, c’est à dire 400 km plus au sud. Le second mensonge concerne sa façon d’atterrir : alors que les Soviétiques prétendirent qu’il avait touché le sol à l’intérieur de la capsule, il avait en réalité utilisé un parachute. Cette imprécision aurait permis aux Russes de contourner les règles strictes qui auraient pu empêcher le vol de satisfaire pleinement les conditions pour être enregistré officiellement comme un record mondial.

Outre le récit de ces tricheries, le livre publie une émouvante lettre que le jeune Gagarine, âgé alors de 27 ans, aurait écrite à sa femme, et qui ne devait la lire qu'en cas d’échec fatal de la mission. "Quelque chose pourrait aussi arriver là. Si cela se produit, je te demande, Valyusha [nom affectueux donné à sa femme] de ne pas mourir de chagrin. Après tout, la vie, c’est la vie et il n’y a aucune garantie pour quiconque de ne pas mourir demain dans un accident de voiture". Le jeune cosmonaute avait toutes ses raisons d’envisager le pire : en 1957, les scientifiques russes avaient envoyé la chienne Laïka dans l’espace, et elle en était morte, à cause de la surchauffe qu’elle avait subi.

 

  • Source:The Daily Telegraph
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