Les 'fakers' de Facebook : la vie... telle qu'elle n'est pas

Faut-il croire tout ce que nos amis nous relatent sur Facebook ? Non, bien sûr. En général, nous ne reportons sur les réseaux sociaux que les choses les plus positives de nos vies, et nous choisissons les photos qui nous mettent le plus en valeur. Et de là à les exagérer un petit peu, voire même, à y rapporter des faits imaginaires, le pas est vite franchi. « Pour les spectateurs de ma vie, je passe mon temps en minirobe et talons hauts, une coupe de champagne scotchée à la main. Ce n’est pas le cas, mais je veux que les gens croient à cette version. » , a expliqué Issy Sampson, sur Grazia. Elle peut tweeter qu’elle est assise au premier rang d’un défilé de haute couture à Londres, alors qu’elle est chez elle en train de bricoler sur son lave-vaisselle. Sur les réseaux sociaux, les gens sont jugés sur leur nombre d’amis, et leur profil glamour, et la concurrence est rude. Les petits mensonges entre amis renouent avec l’époque où nous recherchions à être amis avec ceux qui avaient la vie la plus captivante, explique Le Figaro Madame.

Cette tendance à être mytho sur les réseaux sociaux doit-elle être prise au sérieux ? Non, répond le psychanaliste Michael Stora, pour qui il s’agit même d’une activité saine qui permet de fournir un exutoire, une « autothérapie », et de nous regonfler l’ego, grâce aux commentaires valorisants des autres. « Internet en général et Facebook en particulier révèlent que nous vivons dans une société où l’on manque cruellement de valorisation », explique-t-il.

Mais il peut y avoir des excès, et pour les personnes fragiles, l’espace virtuel peut devenir le refuge où se passent les seules choses valables de l’existence. Pour ces personnes, Facebook peut jouer le rôle d’un anti-dépresseur.

Pour Serge Tisseron, psychanalyste, internet est le terrain de la vérité et des révélations, celui des leaks, mais aussi celui de la manipulation, et le concept de Facebook attise le narcissisme. Les mythomanes du quotidien, ceux qui ne s’expriment qu’au superlatif et vivent toujours des choses exceptionnelles, mentent aussi sur la toile. Un bon exemple en est le blog A Gay Girl in Damascus, qui a défrayé la chronique le mois dernier. Le narrateur en était Amina, une Syrienne lesbienne qui racontait son quotidien à Damas. En réalité, Amina n’était autre que Tom MacMaster, un Américain de 40 ans, qui avait tout inventé… « Tous les faits relatés sur la situation en Syrie sont vrais », avait-t-il dit, en guise de justification. Il ne faut donc pas oublier que, comme dans la vraie vie, des affabulateurs sévissent, et ne pas tout croire.

 

(Photo: PicCut.com )

  • Source:Le Figaro
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22/02/2012 17:35