Moralité de l'histoire Lehman

‘La chutte de la bourse de New York ne sembait pas avoir de fin', écrit le Toronto Star, ‘mais il n'y a de bien qui ne provient du mal. Cela vaut également pour la faillite de la quatrième plus grande banque aux Etats-Unis Lehman, ainsi que les problèmes chez Merrill Lynch et l'assureur AIG' L'excision des actifs douteux et des incompétences, qui ont été à la base de la plus grande crise financière depuis la Grande Dépression, est un élément nécessaire dans le processus de guérison.

‘Quoi qu'il en soit' écrit The Motley Fool' le fait qu'aussi bien le gouvernement que le secteur financier ont laissé tomber Lehman est une preuve de foi en le mécanisme de marché.

‘Le gouvernement ne peut secourir tout le monde‘, écrit The Washington Post. Bear Stearns et les géants de l'hypothèque Fannie Mae et Freddie Mac avaient déjà bénéficié de secours. Lehman a été choisi pour démontrer clairement qu'il y a fin à tout. Wall Street n'a qu'à se remettre au travail et à résoudre ses problèmes, maintenant que les investissements irréfléchis ont été éliminés.

‘Si le gouvernement veut avoir un rôle à jouer', écrit Bloomberg, ‘il doit considérer Lehman comme un réel lieu du crime.' Sans une telle intervention de sa part, il créerait à juste titre l'impression de ne s'occuper que de la protection d'institutions financières et de ses directeurs, sans se soucier des investisseurs qui se sont fait duper.

La crise du crédit risque d'engloutir le système financier dans sa totalité. Une gestion adéquate ainsi qu'une collaboration internationale s'imposent, pour ne mentionner une approche pragmatique.

‘Ne vous attendez pas à ce que le problème se limite aux Etats-Unis si la crise n'arrive pas à être contrôlée', écrit NRC Handelsblad. Le montant des credit default swaps (une sorte d'assurance des crédits négociables) à lui seul se chiffre déjà à 62.000 milliards de dollars. Le manque de transparence des positions de Lehman se démontre clairement par une large estimation des actifs « empoissonnés » qui se chiffrerait entre 40 et 80 milliards de dollars.

La bourse dicte l'économie et pas vice versa. La bourse dépend de la confiance, ce qui fait que la décision de la Fed de ne pas réduire les taux d'intérêt n'est pas encore aussi bête, selon De Tijd. Ce faisant Beranke et les siens espèrent redorer le blason de la Fed qui se fait reprocher de se soucier plus de Wall Street que de l'économie. Ne pas céder à la pression ne peut qu'améliorer sa respectabilité.

Le système financier Américain semble avoir la culotte parterre. Les conséquences ne sont pas encore aussi dramatiques qu'elles pouvaient l'être, à voir le comportement de Wall Street, mais on ne sait plus à quel saint se vouer' écrit De Standaard. A titre de consolation : l'arrogance avec laquelle la supériorité du système Américain a toujours été prisée devra  un peu s'atténuer.

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