'Pourquoi je n'achète plus de vins chers'

Henri James avait écrit : « Il y a deux sortes de goûts, le goût pour les émotions de la surprise, et le goût pour les émotions de la reconnaissance. ». Cette définition du goût convient parfaitement à Matt Kramer, qui explique dans Wine Spectator que désormais, ce qu’il recherche le plus dans le vin, c’est la surprise, sans trop savoir si cela ne viendrait pas du fait qu’il est en train de traverser une nouvelle étape de son cheminement d’amateur de vin. Or, les vins onéreux sont rarement surprenants.

Un vin de 30 euros aujourd’hui ne peut plus être considéré comme très cher, si l’on prend pour référence les prix exorbitants que les grands crus peuvent atteindre. Pourtant des vins de cette catégorie sont capables de surprendre 10 fois plus par leur qualité que les crus les plus renommés, estime-t-il 

Il raconte qu’il a acheté 2 caisses d’un vin espagnol, « Torre Oria Brut », à 6 euros la bouteille, qui étonne tous ceux à qui il le fait goûter. Une surprise qui n’a pas de prix… Ces surprises n’arrivent jamais avec les vins chers, où la seule surprise, finalement c’est de penser «  Et c’est tout ? », juge-t-il. Le monde du vin a radicalement changé de ce qu’il était il y a 35 ans. A l’époque, il était difficile de se laisser surprendre, parce que la plupart des vins de qualité ne provenaient que des régions les plus réputées. Aujourd’hui, c’est le contraire. La majorité des crus les plus intéressants sont issus de régions méconnues, et leur nombre dépasse largement celui des crus les plus fameux. 

Désormais, Matt Kramer veut « remplir sa cave de surprises », et il est prêt pour cela à revendre ses grandes bouteilles pour pouvoir se permettre d’acquérir les grands vins pas chers.

 

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25/05/2012 17:35
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