Pourquoi les machos meurent-ils plus jeunes?

La Wisconsin Longitudinal Study, une étude permanente qui suit environ 1000 hommes sortis de grandes écoles en 1957, vient de publier une étude étonnante. On a présenté aux individus de l’échantillon des affirmations décrivant le statut masculin de façon machiste pour qu’ils les notent de 1 à 8 : "les hommes doivent décider en dernier ressort pour les grands achats domestiques", "les hommes ne doivent jamais admettre leur faiblesse", "les hommes forts avec une musculature volumineuse séduisent davantage les femmes", "les hommes devraient travailler tandis que les femmes devraient s’occuper de la maison", et ainsi de suite.

Les hommes les plus machos, c'est-à-dire ceux qui avaient attribué les notes comprises entre 6 et 8 étaient à 46% moins susceptibles d’avoir subi les 3 examens de santé préventive de base (examen physique, examen de la prostate et injection de vaccin antigrippal) au cours de l’année précédente, que leurs homologues de l’échantillon.

Les chercheurs estiment que ces résultats peuvent permettre de comprendre le paradoxe de l’espérance de vie moyenne plus courte des hommes américains par rapport aux femmes, en dépit de ressources financières plus confortables.

Curieusement, l’éducation, qui influence pourtant la santé d’habitude, n’avait aucune incidence sur ce facteur, et les hommes diplômés machos évitent les examens de santé préventive tout autant que ceux ne bénéficiant pas d’un bon niveau d’éducation. L’effet des activités valorisantes est même négatif , et plus les professions occupées étaient prestigieuses et bien rémunérées, moins l’homme macho en cause attachait d’importance au soin préventif.

 

Source: “‘Macho Men’ and Preventive Health Care: Implications for Older Men in Different Social Classes,” Kristen W. Springer and Dawne M. Mouzon, Journal of Health and Social Behavior (à venir)

 

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