Pourquoi sommes-nous velus?

Hairy Arm

On a beaucoup écrit sur le fait que l’être humain est nu, par comparaison à la plupart des mammifères qui sont dotés d’une fourrure dense. En réalité, la peau humaine comporte autant de follicules pileux que la plupart des grands singes, mais les poils humains sont plus fins que les leurs, ce qui les rend inaptes aux fonctions d’isolation, de camouflage ou de signal que les poils remplissent chez les autres primates. Alors, à quoi servent-ils ?

Isabelle Dean et Michael Siva-Jothy, deux chercheurs de l’université de Sheffield, ont recruté 19 hommes et 10 femmes à qui ils ont rasé une zone délimitée sur un bras autour de laquelle ils ont appliqué de la vaseline. Sur l’autre bras, ils ont délimité la même zone avec la vaseline, mais ne l’ont pas épilée. Ensuite, les chercheurs ont demandé à leurs volontaires de regarder ailleurs tandis qu’ils déposaient sur la zone de test du bras épilé de charmantes bestioles contraintes au jeûne et donc dûment affamées pour l’expérience : des punaises de lit. A chaque fois qu’ils sentaient le parasite se déplacer sur leur bras, les volontaires devaient presser un bouton. L’expérience fut menée alternativement sur le bras rasé, puis l’autre, les chercheurs prélevant judicieusement les insectes piqueurs avant qu’ils n’aient eu la possibilité de se rassasier sur le bras de leurs volontaires.

Lorsque la pilosité du bras était intacte, les sujets détectaient les mouvements de la petite bête toutes les 4 secondes, alors qu’ils ne les sentaient plus que toutes les 10 secondes lorsque la peau était épilée. En outre, les poils compliquaient les manœuvres des punaises et leur capacité à trouver un bon point de piquage. Les hommes étaient mieux protégés des piqures que les femmes, mais ces différences s’estompaient dès qu’ils étaient épilés.

Les chercheurs concluent que la fonction de notre pilosité est de nous alerter de la présence de vermines et de nous en protéger.

Il n’en va pas de même pour les poils qui tapissent notre nez. Leur fonction est de filtrer l’air que nous respirons. Ils ondulent constamment d’avant en arrière (c’est pour cette raison qu’on les appelle cils vibratiles) pour piéger la saleté, les virus, les bactéries et toxines que nous avons inspirés au cours de notre respiration, et qu’ils évacuent dans le mucus (la morve). La morve est ensuite avalée ou évacuée lorsque nous toussons. Lorsqu’elle est ingérée, les acides de l’estomac en détruisent les microbes et les saletés. Les personnes dotées d’une pilosité nasale faible sont trois fois plus susceptibles de développer de l’asthme que les autres.

Les cils vibratiles ne cessent pas immédiatement d’onduler à la mort, mais ils ralentissent leur activité. Les médecins légistes connaissent bien cette particularité qu'ils utilisent pour déterminer l’heure d’un décès.


  • Source:The Economist
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