Réveil brutal pour Fortis: la défaite est totale |
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![]() Merci, Maurice Lippens' écrit Yves Desmet dans De Morgen. Fred Chaffart, ex-PDG de la Générale de Banque, est entièrement d'accord avec lui et désapprouve totalement la direction de Fortis. « Ces gens là ont probablement commencé à se prendre au sérieux. Il est vrai qu'ils n'ont pas eu de chance avec la crise du crédit, mais ce qui est inconcevable c'est qu'ils n'avaient même pas bouclé le financement d'ABN AMRO. On n'achète pas une banque si on n'en a pas les moyens. (...) Tromper les actionnaires, divulguer de fausses informations, prendre des risques injustifiables : il y en à qui ont du se justifier devant les tribunaux pour beaucoup moins. » L'enterrement de Fortis en dix jours est surtout la faute des dirigeants du groupe ainsi que le manque de contrôle sur l'utilisation de l'argent des actionnaires et des clients, écrit Fredrik Delaplace dans De Tijd. Il ne faudra pas s'étonner si demain des groupes d'actionnaires se rendront au tribunal. ‘Les dirigeants et les administrateurs de Fortis ont annihilé l'avenir de la banque assureur en auront donc aussi à se justifier. De Standaard aussi fait de Maurice Lippens la tête de Turc. En première page est publiée une caricature où Lippens en costume rayé est couché sur le dos, le cœur transpercé par le drapeau Français. Karin De Ruyter écrit que le ‘centre financier' de Bruxelles se situe exactement entre Paris et La Haye et qu'il ne reste plus rien de ‘son' Fortis. Le ministre des finances Néerlandais Wouter Bos n'y est pas pour rien. Ses manœuvres ont été assez basses, mais ultimement malines. Il a déstabilisé la banque en déclarant qu'il y aurait eu des problèmes comptables non-connus au moment de l'approbation de la reprise d'ABN AMRO. Ceci a déchaîné un véritable raid sur la banque : Aux Pays Bas les clients se sont mis à retirer massivement leur argent de chez Fortis. Le problème de liquidité créé de cette manière a permis à Bos de récupérer la partie Néerlandaise de Fortis à très bon prix.' Pour donner le coup de grâce Bos déclara encore que les activités ‘empoisonnées' étaient toutes retenues en Belgique. Ceci fut la fin de Fortis. La plus grande banque Belge s'est fait dévorer en une semaine de temps par les Pays Bas et la France, écrit Martine Maelschalck dans L'Echo. Après la liquidation d'un nombre de grandes industries dans le domaine de l'énergie et de l'acier, la plus grande institution financière disparaît du pays. Les épargnants se sont bien fait rescaper dans cette aventure, les actionnaires ayant moins de chance. Selon Yves Leterme il fallait que ce soit comme cela : l'actionnaire prend des risques et l'épargnant pas. L'essentiel reste cependant la sauvegarde de notre système économique. 'Et pour cela, il y avait un prix à payer, celui d’une certaine autonomie.' Même si notre pays ne pouvait faire autre chose qu'accepter la bouée de sauvetage lancée par BNP Parisbas, le pays se réveille avec un goût d'amertume et de colère, écrit Vincent Slits de La Libre Belgique. La colère vient des actionnaires, mais surtout du personnel de la banque qui jusqu'à récemment était considérée comme très respectable. Cette débâcle laissera des traces profondes dans l'économie Belge. L'impact psychologique n'est également pas à sous-estimer et ceci dans un pays qui déjà manque beaucoup de confiance en soi. ‘Cette semaine a été la semaine de Wouter (Bos)' écrit De Volkskrant. Il tenta sa chance et a surclassé Balkenende en tant qu'homme d'état. Ce dernier a raté toutes les opportunités qui se présentaient. Ce dimanche, lors de les premières tentatives de sauvetage de Fortis, il brillait par son absence. Ce jeudi il avait rejoint Sarkozy pour élaborer un plan de sauvetage européen. Durant la matinée le plan était présenté comme génial, mais il s'écroula pendant la journée. Bos coula en même temps la mission de Balkenende en déclarant à la Chambre qu'il n'était pas nécessaire de debater sur une initiative qui ne pourra jamais prendre forme, puisqu'elle était déjà coulée d'avance.' ‘Les banques sont sauvées, mais la défaite Belge est totale' écrit Frans Bogaard dans l'Algemeen Dagblad. ‘Aujourd'hui la Belgique se réveille sans sa propre banque Fortis. Au terme d'un weekend de dures négociations les Belges et le Luxembourgeois ont vendu « leurs » banques à la concurrence Française BNP Parisbas. |
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