Twitterrorisme : 2 Mexicains risquent 30 ans de prison pour des tweets faux

Deux Mexicains, Gilberto Martinez Vera, un tuteur en mathématiques et Maria de Jesus Bravo Pagola, une animatrice de radio, ont été accusés de terrorisme et de sabotage après avoir posté le message d’une rumeur selon laquelle des hommes armés avaient attaqué une école : "Ma belle-soeur vient de m'appeler toute retournée, ils viennent juste de kidnapper 5 enfants de l'école". Bien que cela était faux, il a ajouté :"Je ne sais pas à quelle heure cela s'est produit, mais c'est vrai". De plus, il indiqua un incident qui avait eu lieu quelques jours auparavant, à Hidalgo, mais il en exagéra la portée : "Ils ont abattu six enfants entre 13 et 15 ans du voisinage de Hidalgo". Un incident avait bien eu lieu à Hidalgo, mais aucun enfant n'avait été impliqué. L'animatrice de radio avait relayé les messages en les retweetant à l'attention de ses suiveurs.

Les parents paniqués de la ville de Veracruz se précipitèrent à l’école, ce qui a provoqué 26 accidents, les voitures étant abandonnées au milieu de la rue. Selon l'Associated Press, le secrétaire de l'intérieur de l'Etat de Veracruz, Gerardo Buganza, a jugé que l'affolement avait été pire que la panique causée par l'enregistrement radio de la "Guerre des Mondes" d'Orson Welles en 1938, quand de nombreux auditeurs étaient convaincus qu'une invasion d'extra-terrestres avait lieu.

Tous les deux encourent 30 ans de prison pour « tweets de terreur ».

« Comment peuvent-ils me faire ça à moi, pour re-tweeter un message ? Enfin, je veux dire, ce ne sont que 140 caractères. Ce n’est pas logique », a déclaré l’animatrice de radio par l’intermédiaire de son avocat.

Sur son compte Facebook, elle a fait figurer le petit oiseau bleu Twitter, mutilé, cagoulé, et portant des smart-phone à la ceinture comme un terroriste porterait ses grenades, qu’elle a surnommé «Twitterrorista ».

Beaucoup estiment que la sanction est disproportionnée. Pour Amnesty International, ce qui est en cause, ce ne sont pas les tweets des deux accusés, mais l’ambiance de crime et de panique rendus possibles par l’impuissance de la nation à combattre les barons de la drogue et leur impunité. « Il y a un tel manque de sécurité publique que les public est enclin à croire des actes de violence non confirmés », explique un expert des média. « Le Gouvernement ne rend pas les choses claires ».

 

Share
PALMARES BEL20