'Une nouvelle guerre est possible en Europe' : argument fallacieux, ou menace réelle? |
|
Mitterand & Kohl at Verdun - © German Information Center![]() «L’histoire nous apprend que des pays qui ont une monnaie commune ne se font pas la guerre », a affirmé Angela Merkel. « Avec l’euro, c’est l’Union qui tombe et donc la principale garantie de paix. », a de son côté déclaré Herman Van Rompuy. Dans le contexte de la crise de la monnaie unique, de plus en plus de politiciens rappellent que l’Union Européenne a apporté la paix à ses membres, et qu’en cas d’effondrement de l’euro, nous risquons peut-être de renouer avec la guerre. C’est aussi le point de vue de deux politologues de l’Université de Constance, Dirk Leuffen et Hanno Degner dans le journal Neue Zürcher Zeitung (accès payant) : « Avec le débat pour sortir de la crise de la dette, on constate que la réussite de l’Union Européenne jusqu’à aujourd’hui est arrivée à un tournant. La crise menace la paix d’au moins deux manières : d’une part, la désagrégation de la communauté menace la base institutionnelle de la coopération pacifique. D’autre part, les restrictions que les marchés financiers mondiaux imposent à la démocratie représentent un danger pour la paix. Dans chaque pays, le mécontentement politique devient de plus en plus violent, et il est possible que des troubles continuels des structures démocratiques génèrent de l’instabilité et mettent en péril la paix entre les nations. … « L’Alliance salutaire » de la prospérité, la démocratie et la paix a été le modèle qui a permis à l’Europe d’après-guerre de réussir. C’est à nous qu’il revient désormais de le protéger. » Cependant, le philosophe hollandais Paul Scheffer ne partage pas tout à fait leur sentiment. Il craint en effet qu’invoquer l’argument de la paix acquise grâce à l’Europe détourne l’attention des besoins démocratiques bafoués des citoyens européens, et il estime de toute manière qu’il n'est plus d'actualité. « L’Europe existe ou tombe avec le consentement des citoyens », rappelle-t-il. Or, les présentations des différents traités avant leur adoption par les citoyens ont souvent été tronquées. Seuls, les avantages de l’union ont été développés, et les débats concernant la véritable problématique de l’Europe, c'est-à-dire, le partage des coûts au sein des pays, les moyens à mettre en œuvre, les objectifs et les vrais bénéfices, n’ont pas eu vraiment lieu. Maintenant que les côtés négatifs ont été révélés, il faut repenser le véritable bénéfice de l’Europe. Le monde a changé, et dans ce nouvel ordre mondial, l’Europe, de par sa taille, est le seul moyen pour que notre modèle de société puissent compter à l’échelle du monde. En outre, avec son élargissement et le recul de ses limites, elle partage de plus en plus de frontières avec des pays instables, et il faut sûrement envisager une Europe de la sécurité. Mais la négociation du nouveau traité en matière de politique budgétaire montre que la tentation est toujours grande pour les politiciens de négocier dans le dos des citoyens. Il est bon qu’ils cherchent à sauver l’euro s’il est bénéfique, mais ils ne doivent pas le faire en se bornant à brandir la menace du risque de guerre pour vendre leur projet vers « plus d’Europe » aux peuples européens. Pourquoi ne pas convaincre les Européens en leur présentant les vrais risques économiques et politiques de la fin de l’euro ? Cela serait pourtant plus conforme à l’idéal démocratique d’une «économie de marché domptée par la justice, la durabilité et l’ouverture. L’union de démocraties sociales constitue par excellence ce que l’Europe peut montrer au monde comme possibilité. (…) C’est pourquoi il est essentiel de continuer à nous souvenir de la dernière guerre, mais de ne plus jamais nous en servir comme prétexte », conclut-il. |
|
En savoir plus:
|
| Share |
-
Crise en zone euro: sommet entre Monti, Hollande, Merkel et Rajoy après le 17 juin à Rome
- 25 mai 2012
Le président du Conseil italien, Mario Monti, a invité ses homologues français, allemand...En savoir plus -
Grèce, Irlande, Espagne: une semaine à haut risque s'ouvre pour la Bourse de Paris
- 26 mai 2012
La Bourse de Paris devrait aborder avec défiance les prochaines séances, suspendue à l'é...En savoir plus -
Thilo Sarrazin est de retour : 'L'Europe n'a pas besoin de l'euro'
Les mouvements de fonds publics qui ne se limitent pas aux fonds structurels européens créent un fossé entre ceux qui les octroient et ceux qui les prennent, et ils alimentent le ressentiment et les réticences entre les nations...En savoir plus -
Van Rompuy & co. : 'Les Rois du Déni'
- 21 mai 2012
Quand Krugman rectifie Van Rompuy...En savoir plus -
La crise entame le budget vacances des Belges...
- 24 mai 12
-
La Commission Européenne réfléchit à une unio...
- 22 mai 12
-
La fin de l'euro serait coûteuse pour EADS, a...
- 26 mai 12
-
'S’il vous plait, ne construisez pas plus de...
- 24 mai 12
-
10 millions de postes vacants dans l’industri...
- 25 mai 12
| Ageas (AGS) | 3.01 % |
| Delhaize Groep (DELB) | 1.58 % |
| Telenet Group Holding (TNET1) | 1.55 % |
| Cofinimmo (COFB) | 1.03 % |
| Colruyt (COLR) | 0.89 % |
| Mobistar (MOBB) | -3.42 % |
| Elia (ELI8) | -2.75 % |
| Solvay (SOLB) | -1.87 % |
| Belgacom (BELG) | -0.70 % |
| Bekaert (BEKB) | -0.66 % |



