Affaire DSK : le choix cornélien du procureur Cyrus Vance Jr

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  • 29 juil. 2011
  • par Mylène Vandecasteele

L’affaire DSK aurait-elle pris de telles proportions si le public avait pu faire connaissance avec la femme de chambre plus tôt ?  Y aurait-il eu autant de rebondissements si le public avait pu juger de son apparence, et la faire cadrer avec le portrait qui en a été fait durant le développement de l'affaire ?

Lorsqu'elle a accusé le Directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, de l'avoir agressée sexuellement dans une suite de l'hôtel Sofitel de Manhattan, le procureur Cyrus Vance Jr n'avait pas hésité à prendre des mesures spectaculaires et s’était dépêché de faire arrêter DSK et à le faire mettre en prison et à lui réclamer une importante caution. Son zèle était peut-être motivé par la volonté d’éblouir ses soutiens politiques avec, en ligne de mire, une potentielle carrière politique. Mais après les révélations du New York Times affirmant que Diallo était une menteuse, et insinuant qu’elle avait probablement cherché à extorquer de l’argent, il a pensé que les charges contre DSK s’évanouiraient, et qu’elles se ramèneraient à un écart de conduite, et il a fait marche arrière, avec presque autant de zèle.

Cependant, un mois plus tard, DSK semble plus coupable que jamais. Tristane Banon a porté plainte contre lui pour une tentative de viol et sa mère a indiqué à la police qu’elle-même avait eu des relations sexuelles avec DSK, qu’elle qualifie de « consenties » mais « brutales », faisant voler en éclats la notion que DSK était peut-être un séducteur invétéré, mais en aucun cas violent. L’impression que l’appétit sexuel de DSK est insatiable s’est généralisée lorsqu’il est apparu que la relation sexuelle qu’il aurait eue avec Diallo, « consensuelle », selon ses avocats,  aurait été la troisième qu’il aurait eue en l’espace de quelques heures au Sofitel de Manhattan.

Cette semaine, Diallo a donné une interview à Newsweek et ABC que beaucoup ont jugé convaincante, dans laquelle elle donne sa version des faits de l’agression présumée. Au-delà de son témoignage, c’est surtout la personnalité de la femme de chambre qui a constitué la véritable révélation de cette interview. Cette femme simple et discrète contraste singulièrement avec les présentations qui en ont été faites dans le New York Times, évoquant une manipulatrice peu scrupuleuse, et plus encore avec la description du New York Post. Le tabloïd de Rupert Murdoch avait affirmé au nom d'une source anonyme qu’elle se prostituait occasionnellement, ce qui n’a jamais pu être prouvé. Certaines accusations du New York Times se sont avérées fausses. 

Désormais, avec ce nouveau retournement médiatique, le procureur Vance se trouve dans une situation plus inconfortable que jamais. Lui, qui avait initialement agi de façon radicale, puis s’était repris, doit maintenant trouver la ligne de conduite adéquate pour la suite de l’instruction du dossier. Soit il permet à DSK de s’en sortir, ce qui le discréditerait définitivement auprès des politiciens qui ont payé pour sa nomination au poste de procureur, et ruinerait sa propre carrière politique.

Ou alors, il choisit de maintenir les charges de tentatives de viol et doit s’accommoder du témoignage d’une victime présumée qui a déjà menti par le passé.

La prochaine audition aura lieu dans 3 semaines, le 23 août. Pour Alexander Cockburn, du First Post, nous découvrirons alors quelle sorte d’homme est M. Vance.

 

 

  • Source:The First Post
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