Cet homme sera-t-il celui qui donnera une version russe au Printemps Arabe?

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  • 07 déc. 2011
  • par Mylène Vandecasteele
Alexei Navalny

Lundi dernier, le Russe Alexei Navalny vient d’être condamné à 15 jours de prison pour avoir « fait obstacle » à la police tandis que des milliers de Moscovites manifestaient dans les rues de la capitale russe.

Le parti de Poutine a officiellement obtenu un peu moins de 50% aux élections législatives de ce week-end, ce qui est assez pour conserver la majorité au Parlement russe, la Douma, où il obtient 238 sièges sur 450. Mais la manipulation du scrutin était évidente ; des groupes ont organisé des tournées des bureaux de vote pour voter à plusieurs reprises, et dans un bureau de vote de Moscou, on a même vu un des fonctionnaires chargé de l’organisation des élections remplir l’urne de bulletins de vote.

Hillary Clinton, la Secrétaire d’Etat américaine, a estimé qu’une enquête s’imposait, et Mikhail Gorbachev, l’ex-dirigeant de l’Union Soviétique, a quant à lui proposé l’annulation pure et simple du scrutin et l’organisation de nouvelles élections.

Ce sont ces soupçons de fraude qui ont été à l’origine de ces manifestations populaires qui ont attiré une foule de 8.000 personnes dans le centre de Moscou ce lundi, et durant lesquelles Navalny a été arrêté. Les autorités ont riposté en déployant au moins 51.500 officiers de police (non armés) et 2.000 troupes armées du ministère de l’Intérieur à Moscou.

Navalny, un avocat âgé de 35 ans très charismatique, s’impose de plus en plus en Russie comme le seul homme qui pourrait poser une vraie menace pour Vladimir Poutine. Il n’a pas hésité à clamer que les partisans de Russie Unie, le parti de Poutine,  étaient des voleurs et des escrocs. Son blog, RosPil.info, sur lequel il fustige la corruption du régime, est déjà suivi par 60.000 lecteurs réguliers, et il compte en outre 120.000 suiveurs sur Twitter.

Le Parti de la liberté du peuple, un petit parti, l’avait pressenti pour se présenter aux élections présidentielles en mars face à Vladimir Poutine, mais il a refusé, parce qu’il pense que les résultats seront truqués. Mais il est convaincu qu’une nouvelle révolution russe est inévitable.

Dmitry Golubovsky, le rédacteur en chef de a version russe d’Esquire, a mis sa photo en couverture du magazine, un honneur rarement accordé à ses compatriotes. « Cela fait longtemps que je pense qu’il est la personnalité politique la plus intéressante de Russie », dit-il de lui. Pour Aleksey Venediktov, le rédacteur en chef de la radio Ekho Moskvy, son arrestation est une grosse erreur qui va permettre de sortir l’homme de l’ombre et de le faire passer d’un « leader sur internet à un leader bien réel».

Sur Facebook, plus de 12.000 personnes ont adhéré à une page lançant un nouvel appel au rassemblement ce samedi, Place de la Révolution à Moscou, juste à côté du Kremlin.

  • Source:The Week
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