Espagne : la jeunesse en a assez d'un système politique qui la traite cyniquement

Avec seulement 28% des votes, les socialistes espagnols ont essuyé une cuisante défaite électorale le week-end dernier. A cela se sont ajoutées les manifestations de dizaines de milliers de jeunes dans tout le pays, pour protester contre la corruption et le chômage dont ils sont les premières victimes.

La presse européenne a diversement interprété ces mouvements de grogne.

Pour le quotidien De Tijd, cet échec électoral est à mettre sur le compte du mécontentement induit par la politique d’austérité, qui a provoqué un mouvement de manifestations qui ne concerne pas seulement les Espagnols, mais également la Grèce et l’Irlande. Il prédit que ceux-ci seront rejoints par les Portugais à l’occasion des élections de début juin.

Le quotidien flamand y voit une analogie avec les émeutes du « Printemps Arabe » , et estime que les motifs sont les mêmes, et que ce sont les manques de perspectives d’avenir et l’appauvrissement de la population qui l’ont conduite dans la rue. Et l’Europe du Nord pourrait bien être la prochaine à être touchée, si les inégalités sociales continuent de progresser, et de broyer la cohésion sociale sur leur passage.

La plateforme de blogs roumaine « Criticatac » y voit un rejet de la politique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui. Les partis traditionnels ont mal traité les citoyens, et ceux-ci n’ont plus foi au bipartisme. Alors que la société espagnole rechercherait un nouveau modèle de société, les partis politiques n’ont pas su tenir un discours cohérent, ce qui a donné jour à pléthore de sites internet sujets de débats consacrés à la démocratie, sans que ceux-ci soient le reflet de l’émergence d’un véritable mouvement en tant que tel. Depuis longtemps, la « révolution du bon sens » cherche ainsi à l’emporter sur un système politique cynique qui a ignoré les vrais désirs des citoyens.

Enfin, la Stampa en Italie attribue la défaite du parti Socialiste à la crise. Avec celle-ci, Zapatero a perdu  de sa superbe, et s’est affaibli politiquement, comme tous les dirigeants Européens qui ont dû prendre des mesures impopulaires pour la résoudre. Cependant, la défaite des uns ne fait pas forcément la victoire des autres, et la fin de l’ère socialiste n’implique pas forcément la montée du parti populaire conservateur.

 

Share
PALMARES BEL20