Iran : un pays à ne pas mettre un chien dehors

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  • 20 juil. 2011
  • par Mylène Vandecasteele

Acheter ou vendre des chiens est illégal en Iran, à moins qu’il ne s’agisse de chiens de garde, ou de chiens pour la police. Les chiens sont considérés « haram », c'est-à-dire impurs, selon la loi coranique. Jusqu’à récemment, posséder un chien en tant qu’animal de compagnie était réservé à un petit cercle d’Iraniens occidentalisés. Mais l’accès à la télévision satellite et aux programmes américains dans lesquels on peut voir des familles jouant avec des chiens, ont fait de la possession d’un chien un signe de statut social. Les Iraniens n’hésitent plus à défier la loi de la République Islamique : ils achètent et vendent des chiens sur internet, et il est devenu très à la mode de s’offrir mutuellement des chiots comme cadeau d’anniversaire. Les autorités se rebiffent, et l’année dernière, l'Ayatollah Nasser Makarem Shirazi a lancé une fatwa contre la possession de chiens, déclarant qu’elle relevait de « valeurs occidentales vulgaires ».

Cet été, la police des mœurs patrouille dans les rues pour faire respecter la loi anti-chiens. Les sanctions vont d’une amende d’environ 350 euros, si le chien est vu dans un espace public et jusqu’à la confiscation du véhicule et la suspension temporaires du permis de conduire du propriétaire si le limier n’est pas tenu dans une cage spéciale dans la voiture. Pour éviter de se faire prendre, les propriétaires de chiens effectuent des sorties nocturnes et partent à la campagne à plusieurs kilomètres de la ville pour promener leur animal.

Des sites internet se spécialisent dans ce commerce. Pour importer des chiens, ils payent des Iraniens qui déclarent aux douanes que les canidés leur appartiennent, car s’il est interdit d’importer des toutous pour les revendre, les passagers sont autorisés à voyager avec leurs animaux de compagnie sur les vols commerciaux. L’avion qui relie l’Ukraine à Téhéran a ainsi été surnommé « le vol des chiots », parce qu’une grande partie de ses passagers, souvent des étudiants, transportent avec eux des chiots pour les revendre. Les autorités ont réagi en augmentant la taxe d’importation des animaux de compagnie. Les revendeurs font maintenant passer les chiens en provenance d’Ukraine par les frontières arméniennes et turques.

Pour eux, un chien se négocie jusqu’à 7000 euros environ. Ils doivent opérer très discrètement, et souvent, les acquéreurs potentiels doivent accepter de se laisser bander les yeux pour être conduits aux chenils. « C’est dingue », raconte Ali Shekouri, un homme d’affaires de 32 ans qui voulait acheter un beagle. « Après un certain moment, je ne savais plus si j’étais en train d’acheter un chien ou de dealer de la drogue avec des trafiquants internationaux ».

 

  • Source:The Wall Street Journal
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