La France et l'Italie s'apprêtent à réclamer la réintroduction de mesures de contrôle aux frontières de l'Europe

Refugees

Suite aux soulèvements survenus dans les pays d’Afrique du Nord, plus de 25 000 personnes fuyant les troubles dans leur pays, principalement en provenance de Tunisie, se sont retrouvées aux portes de l’Union Européenne, et notamment sur l’Ile de Lampedusa en Italie. Beaucoup d’entre elles souhaitaient rejoindre la France, où elles comptaient sur des membres de leur famille ou des amis pour trouver du travail.

Le gouvernement de Berlusconi a agacé plusieurs membres de l’Union en leur délivrant des visas leur permettant de voyager au sein des autres pays européens ayant signé l’accord de Schengen. Rome aurait déjà accordé 8000 autorisations et il pourrait y en avoir 11000 au total. Les visas en questions exigent que le titulaire démontre qu’il peut subvenir à ses propres besoins, et la police française a déjà refoulé aux frontières un nombre indéterminé d’immigrants au cours de ces derniers jours. Le 17 avril, les autorités françaises avaient déjà bloqué le trafic ferroviaire en provenance de la ville italienne de Vintimille, pour protester contre ces délivrances de visas italiens.

Aujourd’hui, le président français Nicolas Sarkozy et le premier Ministre italien Silvio Berlusconi se rencontrent à Rome pour réclamer une réintroduction partielle des contrôles aux frontières des pays de l’Europe, ce qui remettrait en cause l’accord de Schengen, et représenterait un mouvement historique pour leurs pays. Ces derniers subissent actuellement des tensions internes vis-à-vis du projet européen auquel ils sont pourtant tous les deux viscéralement attachés. En France, Nicolas Sarkozy, bas dans les sondages, est menacé par la candidate du front d’extrême droite Marine Le Pen. Quant au gouvernement de Silvio Berlusconi, il nécessite le soutien de la Ligue du Nord, le parti xénophobe dont son ministre de l’intérieur Roberto Maroni est le leader, pour fonctionner.

L’immigration en provenance de la mer, et notamment celle de l’Ile de Lampedusa, a fait l’objet d’un battage médiatique qui pourrait faire oublier qu’elle est très minoritaire. Le flot massif de migrants clandestins passe par la Turquie pour franchir les frontières de l’Europe en Grèce. L’Italie s’inquiète cependant de ce que la fin du conflit en Libye pourrait relancer le flux migratoire, et estime que celui-ci pourrait alors représenter 50 000 personnes.

 

  • Source:The Guardian
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