La souffrance cachée de la récession grecque : la prostitution et le sida progressent

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  • 15 nov. 2011
  • par Mylène Vandecasteele
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La contagion est le mot préféré des marchés financiers pour décrire la propagation de la dette grecque. Mais pour des centaines de Grecs, ce mot prend une toute autre valeur. La crise pousse de plus en plus de Grecs à se suicider (sur le début de l’année, on observait plus de 40% de hausse par rapport à l’année dernière), à prendre des antidépresseurs (+35% par rapport à 2006), à se prostituer, ou à consommer de la drogue. En conséquence, de plus en plus de Grecs sont infectés par le virus du sida. Selon le Centre Hellénique pour le contrôle des maladies et leur prévention une agence gouvernementale qui dépend du Ministère de la Santé, le nombre de personnes infectées par le virus du sida devrait avoir augmenté de 60% à la fin de l’année 2011. Entre Janvier et mai de l’année dernière, on dénombrait 255 nouveaux cas de sida ; mais cette année, on en a recensé 384 à la même période, soit plus de 50% de hausse.

Jusqu'alors, c’était plutôt les Grecs homosexuels qui avaient eu des rapports à risque qui contractaient la maladie, mais les nouveaux chiffres indiquent que les hétérosexuels sont désormais de plus en plus touchés. C’est l’usage de drogues est en cause. Jusqu’à présent, les toxicomanes ne représentaient qu’un quart des nouveaux cas de contamination, mais cette proportion devrait être en forte hausse. Les toxicomanes et les immigrés clandestins contaminés ont de plus en plus de mal à se procurer des seringues propres et des traitements antirétroviraux.

Pire, avec la crise, les toxicomanes changent leurs pratiques et ils sont plus enclins à s’injecter la drogue plutôt que de la fumer, ou de la sniffer, ce que des chercheurs français ont expliqué par le fait qu’ils obtiennent un effet plus intense pour le même budget avec une seringue.

Il en coûte 1000 euros par mois au gouvernement grec pour soigner une personne séropositive avec des médicaments antirétroviraux. Mais pour faire des économies dans le budget santé, il envisage de réduire cette prise en charge à seulement 400 euros. Les médecins s'inquiètent que beaucoup de ces patients se trouveront alors dans l’impossibilité de se soigner convenablement.

  • Source:Reuters
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