Le Gouvernement Di Rupo : taille XXL?

Elio Di Rupo

Après 18 mois de crise politique, ça y est : le Roi Albert II a désigné Elio Di Rupo Premier ministre et nommé les autres membres de son gouvernement. Au total, 6 ministres francophones, 6 ministres néerlandophones et 6 secrétaires d’Etat. Beaucoup dans la presse saluent la concrétisation des débats, mais aussi le retour des mêmes têtes. Guy Tegenbos dans De Standaard souligne ainsi que sur les 13 ministres, 10 étaient déjà membres du précédent gouvernement, 2 des six secrétaires d'Etat l’avaient déjà été dans le dernier gouvernement. Et sur les 9 ministres francophones, le Premier ministre Elio Di Rupo est le seul nouveau venu.

Pour Bart de Wever, ce nouveau gouvernement est « obèse », et s’accorde mal avec la volonté de faire des sacrifices que l’on exige du peuple belge. C’est aussi l’avis d’Isabel Albers, dans De Tijd : «Di Rupo veut serrer la ceinture de tout le monde, mais il a oublié de le faire pour lui-même ».

Martine Maelschalck de L’Echo, ne semble pas de cet avis, dans son éditorial, où elle rappelle que ce gouvernement qui n’est composé « que » de 13 ministres aura fort à faire : motiver ses troupes, respecter son budget, calmer les Flamands et rassurer les marchés financiers. 

Cela ne sera pas facile, mais De Morgen rappelle que, compte tenu de son parcours personnel, à la fois fils d’immigré, homosexuel, et self-made man, le Premier ministre n’en sera pas à son premier combat, et qu’il apporte  « une histoire personnelle dont chaque Belge peut s’estimer fier. S’il rêve de la Belgique comme la vie meilleure qu’il avait rêvée pour lui-même quand il avait 15 ans, cela ne sera pas si mal. ».

Dans un éditorial à la Libre Belgique, Francis Van de Woestyne remarque aussi que ce gouvernement « papillon » ressemble beaucoup à celui de Yves Leterme, et se demande si les ministres qui sont restés sont les plus compétents.  « Donnons-lui cent jours pour voir ce qu’elle a "dans le ventre". Donnons-lui une chance de réussir, de sortir le pays du marasme. D’affronter la tempête financière. D’assainir les finances tout en relançant l’économie. Voilà les défis de l’heure. Seront-ils capables de les relever ? »

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