'Le mythe avec lequel on continue de nous abreuver en Flandre, en particulier la N-VA'

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  • 01 août 2011
  • par Mylène Vandecasteele

Le professeur Paul De Grauwe, qui enseigne l’économie à la KUL de Louvain, a un agenda survolté. Il est devenu très recherché par les média internationaux, depuis qu’il a donné une analyse claire de la crise du crédit et de celle de l’euro. Il vient de donner une interview à De Tijd, dans laquelle il évoque sa carrière et l’évolution de ses convictions. Il rappelle qu’il a effectué une partie de ses études aux Etats Unis, où il est resté quatre ans, et que ce passage a été déterminant dans sa vie. Il ne s’est jamais senti Flamand, mais plutôt Européen, et cette expérience internationale a renforcé se sentiment. Avec le professeur Philippe Van Parijs, de l’UCL, il a fondé « Repenser la Belgique », un groupe de réflexion sur les institutions Belges. Sa volonté, c’est de proposer de nouvelles pistes, de sortir un peu de ce qu’il appelle les « tabous de la politique ».

Par exemple, il s’oppose à la poursuite plus avant de la décentralisation. Il estime qu’elle ne permettra pas de résoudre les problèmes sociaux et économiques. « J'ai abandonné la conviction que la prospérité serait bien meilleure si la Flandre était indépendante. Je ne pense pas que cela ferait une différence. La décentralisation peut améliorer marginalement l’efficacité de quelques choses ici et là. Mais pour les problèmes de la retraite ou de la santé, ou même l'incitation à investir, elle ne changera pas grand-chose. » 

«C'est le mythe avec lequel on continue de nous abreuver en Flandre, en particulier la N-VA. C’est également un mythe dangereux, car il crée l’image d’un ennemi, celle du Wallon comme un boulet à traîner. Et il est voué à l'échec. En fait, les gens attendent trop de la politique. Les nationalistes flamands ne seront pas à la hauteur de leur mythe. Il ne peut que conduire à l'échec et à une plus grande perte de confiance. »

Une autre de ses cibles, c’est l’âge de la retraite à 65 ans. Il vient lui-même d’entrer dans sa 65ème année… Et il aurait préféré rester en Belgique, où il a sa famille, ses amis, et son réseau. Mais notre pays ne lui laisse malheureusement pas le choix. Il envisage de déménager bientôt pour rejoindre une université étrangère, peut-être aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, ou en Italie… Ces trois pays n'ont rien contre les professeurs qui continuent d’enseigner à l'université après avoir passé l’âge de la retraite.

Mais ce n’est pas le cas en Belgique. « Si vous avez 65 ans, ici, on vous dit : c’est fait, vous n'aurez pas plus d'avantages sociaux. Je trouve cela très humiliant », explique-t-il. « Je ne comprends pas les tabous des syndicats concernant la possibilité de travailler plus longtemps. Comme si l’âge de la retraite à 65 ans avait été fixé par Dieu, comme l’un des Dix Commandements. Laissez les gens libres. » 

 

  • Source:De Tijd
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