Les 3 raisons qui expliquent pourquoi Kadhafi est toujours en place

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  • 23 juin 2011
  • par Mylène Vandecasteele

La Chine, l'Italie et la Ligue arabe ont demandé un cessation des hostilités en Libye, 100 jours après le début du conflit. La Chine a appelé à la négociation d’une solution politique, l'Italie réclame un arrêt des hostilités pour raisons humanitaires en Libye, et Amr Moussa, le chef de la Ligue arabe et candidat aux élections présidentielles égyptiennes, a fait part de ses scrupules concernant la mission de l’OTAN après que des bombardements de l'Otan ont accidentellement tués 9 civils à Tripoli.

Aucun de ces partis croit encore que la stratégie militaire actuelle ne pourrait fournir une percée. de son côté, le Premier ministre britannique Cameron n'entend pas cesser les hostilités, et a affirmé qu'il était prêt à poursuivre la bataille aussi longtemps qu'il la faudrait.

En attendant, le dictateur libyen Mouammar Kadhafi peut toujours compter sur un solide réseau de groupes armés et de loyalistes civils, toujours prêts à risquer leur vie pour lui. Mais l’opiniâtreté de Kadhafi n’est pas la seule raison qui explique pourquoi ce conflit n’a pas encore trouvé de solution. Trois facteurs expliquent en fait pourquoi il est toujours en place:

  • La mission de l'Otan était trop limitée en termes de ressources militaires pour obtenir des résultats rapides. Malgré la participation de 18 pays, peu de forces terrestres ont été envoyées du côté de l’OTAN, alors que c’est une condition préalable pour un succès rapide.
  • La résolution de l'ONU limite l'action à la protection des civils, ce qui signifie que les rebelles ne doivent pas être armés et que l’OTAN ne peut pas lancer d’attaques très offensives, comme tenter d’atteindre des dépôts de munitions. Chaque décision prise fait l’objet d’une intense réflexion.
  • La faiblesse des rebelles, qui fait l'Otan n'a pas de partenaire fort au sol. Bien que très présents dans la ville de Misrata, les rebelles dans l'est du pays sont tout simplement trop faibles pour affronter les forces du régime.

100 jours après le début de l'opération, Jeffrey White du Think Tank Washington Institute reste pessimiste. " La saga libyenne démontre qu'une intervention limitée avec un faible risque ne garantit pas de solution rapide. Il est clair que le peuple libyen paie aujourd'hui le prix des hésitations de l’OTAN. »

Les chances sont grandes que cette mission entre dans l'histoire comme un exemple classique des excès de prudence qui caractérisent les dirigeants politiques et militaires occidentaux lorsqu’il s’agit de résoudre les problèmes, depuis les erreurs de la guerre en Irak.

"Le problème est clair", affirme Ken Pollack, un ancien conseiller de Bill Clinton. "Les Etats-Unis ne se sont pas totalement engagés en Libye, même sur le plan des forces aériennes. L'opération est donc entre les mains des Français et des Britanniques, mais les Européens ne peuvent tout simplement pas gérer tous seuls. Par ailleurs, il y a la résolution de l'ONU, qui limite l'action à la défense des civils. L’Otan est paralysée avec elle. »

 

 

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