'Les partis politiques nous mènent vers la fin de la démocratie'

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  • 02 sept. 2011
  • par Mylène Vandecasteele

Les magistrats ont donné hier leurs discours de rentrée, les mercuriales, et en ont profité pour évoquer plusieurs problèmes de justice. C’est probablement du côté flamand que ces mercuriales ont le plus marqué les esprits. Le procureur général près la Cour d’appel d’Anvers, Yves Liégeois, a ouvert le débat en mettant en cause l’immigration et l’immobilisme politique, risquant d’entraîner des problèmes sociaux ingérables. « La sécurité sociale est mise sous forte pression en raison de la politique actuelle de migration et d’asile », a-t-il dit. « La politique a négligé les problèmes d'immigrations pendant des années. De cette façon les partis politiques nous mènent vers la destruction de la démocratie ».

L’avocat général Piet Van Den Bon a enfoncé le clou. « Dans le contexte juridique actuel, il est parfaitement possible pour un citoyen étranger, après une journée de travail ou, pire, contre le paiement d’une inscription fictive, de demander des allocations pour handicapés ou de chômage », a-t-il affirmé. Et selon lui, la Belgique attire les étrangers, qui profitent de l’inadaptation de la réglementation de sa sécurité sociale : « La légèreté avec laquelle ce problème structurel a été négligé, conduit à un gaspillage énorme de revenus de remplacement et d’aide sociale ».

Le ministre de la Justice démissionnaire, Stefaan De Clerck, a riposté en expliquant qu’il était habitué aux mercuriales, mais que le procureur général Liégeois y était allé un peu trop fort : « J’accepte qu’on fasse une analyse sur la politique d’immigration et qu’il y ait des problèmes sur ce point-là, oui je l’accepte, je crois qu’il faut en discuter, mais en conclure que c’est la fin de la démocratie, c’est inacceptable. Et je réagirai, bien sûr, contre le procureur général d’Anvers.(…) Je vais lui écrire une lettre en donnant ma vision de ce qu’il a expliqué devant la Cour du travail d’Anvers hier. Je vais, bien sûr, lui expliquer que des interventions politiques de sa part ne sont pas acceptables ».

 

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