Richard Branson, entrepreneur, milliardaire, Chevalier, aventurier... Et maintenant, 'barbouze' en Afrique?

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  • 14 oct. 2011
  • par Mylène Vandecasteele

Le journal britannique The Independent a publié une étonnante interview du milliardaire britannique Richard Branson, fondateur de l’empire Virgin, dans laquelle on apprend qu’il a rencontré secrètement des officiels du Zimbabwe en 2007 pour tenter de convaincre le Président Robert Mugabe de renoncer au pouvoir.

Dans cette interview, Branson affirme qu’il occupe désormais 70% de son temps à des activités qu’il décrit comme étant philanthropiques, et ce serait dans le cadre de ces activités qu’il serait partie prenante avec son ami Peter Gabriel, l’ex-cofondateur du groupe Genesis, dans une organisation humanitaire, The Elders. Les deux hommes sont des donateurs de cette organisation, qui regroupe de décideurs d’envergure internationale connus pour leur aura et leur implication dans des démarches de pacification de zones de conflits : Nelson Mandela, Kofi Annan, Jimmy Carter, Desmond Tutu, mais aussi Aung San Suu Kyi. Le groupe se targue de cibler son intervention dans des pays pour lesquels ses membres ont une très bonne connaissance des problématiques locales, ce qui permet de faire la différence : le Zimbabwe est l’un d’entre eux, mais on trouve aussi la Côte d’Ivoire, le Soudan, la Péninsule Coréenne, et, plus proche de nous, Chypre.

Branson explique qu’il a rencontré Jonathan Moyo, un ministre du gouvernement de Mugabe, Gideon Gono, le gouverneur de la banque centrale du Zimbabwe, ainsi que plusieurs autres chefs d’Etats africains en 2007. Gono est un homme controversé, parce que c’est lors de sa gouvernance de la banque centrale du Zimbabwe que le pays a commencé à souffrir de l’hyperinflation qui l’a gangréné (jusqu’à 1730% d’inflation en 2007), et précipité sa ruine. Ces rencontres avaient pour but de mettre au point la meilleure façon de faire partir le dictateur Mugabe du pouvoir.

Branson avait eu une conversation avec Gono dans un aéroport de l’Afrique du Sud en 2007. Le plan qu’ils avaient mis au point prévoyait d’envoyer des émissaires africains « convaincre » Mugabe de quitter le pouvoir, avec la garantie que cela se ferait pacifiquement, qu’il obtiendrait l’immunité et ne pourrait être mis en cause. Mais Wikileaks a publié cette semaine une série de câbles rédigés de la main d’Eric Bost, l’ambassadeur américain en Afrique du Sud, qui a réussi à obtenir un échange de mails entre Moyo et Branson qui témoigne de ces démarches, et qu'il s’était empressé de transmettre à Washington. Selon le Daily News, Branson aurait même proposé de « payer » Mugabe pour son départ, et le journal avance la somme de 6,5 millions de livres. Mais Branson nie ces faits, comme il réfute être intervenu avec des arrière-pensées ambitieuses pour les intérêts de son groupe, Virgin.

Après les élections de 2008, Mugabe a accepté de nommer son rival politique, Morgan Tsvangirai, au poste de Premier Ministre du gouvernement de coalition qui a été formé. Selon Branson, l’influence des Elders aurait été déterminante dans cette évolution

  • Source:The Independent
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