16.000 milliards d'euros : c'est le montant du pactole mondial envoyé dans les paradis fiscaux

Le Guardian rapporte que, selon une enquête du groupe Tax Justice Network, les sommes placées dans les paradis fiscaux par l’élite mondiale des super-riches atteindraient un montant de 21.000 milliards de dollars (environ 16.000 milliards d’euros), soit l’équivalent du PIB des Etats Unis et du Japon additionnés. Placés au taux moyen de 3% annuel, et en appliquant une taxation de 30% à ce rendement, les gouvernements pourraient en retirer 140 milliards d’euros de recettes.

James Henry, un économiste qui a collaboré pour McKinsey et qui s’est spécialisé sur les paradis fiscaux, a montré que les banques privées avaient aidé les riches à placer ces sommes en Suisse, aux Iles Caïman, et sur d’autres places où elles sont protégées par « une bande de professionnels très bien payés et diligents du secteur de la banque privée, de la comptabilité, du juridique, et de l’investissement qui profitent d’une économie internationale où les frontières reculent de plus en plus ». Il affirme que les 10 plus grosses banques qui s’occuperaient d’organiser ces mouvements de fonds, dont UBS, Crédit Suisse, et Goldman Sachs, auraient géré plus de 5.000 milliards d’euros en 2010, en augmentation de 2.000 milliards d’euros par rapport à 5 ans auparavant.

L’enquête a conclu que les fuites de capitaux des pays en développement depuis les années 1970 auraient pu leur permettre de rembourser leurs dettes à l’égard du reste du monde, et que les riches des pays producteurs de pétrole ont massivement placé leur argent dans des paradis fiscaux au lieu d’investir dans leur pays. Depuis le début des années 1990, les transferts de capitaux en provenance de la Russie ont atteint 600 milliards d’euros, tandis que 220 milliards d’euros ont été transférés d’Arabie Saoudite depuis le milieu des années 1970 (le second choc pétrolier a eu lieu en 1973), et un montant légèrement inférieure en provenance du Nigeria.

Selon les estimations d’Henri, environ seulement 92.000 personnes posséderaient l’équivalent de 7.500 milliards d’euros de ces  montants, soit 0,001% de la population du monde, une fraction des personnes les plus riches du monde.

« Ces estimations révèlent un échec cuisant : l’inégalité est bien pire que ce que les statistiques officielles nous montrent, mais les politiciens s’attendent toujours à pouvoir compter sur ces richesses pour les transférer sur les personnes les plus pauvres. Mais l’homme de la rue sait à quel point la situation est devenue injuste », commente John Christensen de l’organisation Tax Justice Network. 

  • Source:The Guardian


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