Quand les milliardaires se rachètent une conduite

  • Money >
  • Lu 1005x
  • 15 avr. 2011
  • par Mylène Vandecasteele

Derrière chaque grande fortune, il y a un grand crime, avait écrit Balzac.

Dans son livre "Idea Man", Paul Allen explique que son vieil ami et partenaire de Bill Gates a tenté de le mettre à l’écart de Microsoft et de l’empêcher de détenir une beaucoup plus grande part de Microsoft. Allen indique même avoir surpris une conversation au début des années 80 entre Gates et Steve Ballmer, l’actuel CEO Microsoft, dans laquelle il était question de l’évincer alors qu’il souffrait d’un cancer. Gates s'est ensuite excusé, et Allen, a quitté la société avec actions d'une valeur beaucoup plus grande que les deux intrigants ne voulaient lui accorder.

Gates n’a pas été un enfant de cœur durant la phase "capitalistique avide" de sa carrière, mais depuis, il s’est "racheté une conduite", en créant une fondation avec sa femme qui a déjà donné plus d’argent que n’importe quel Américain, et qui projette de répandre environ 60 milliards de dollars dans des projets philanthropiques ciblés.

La transformation de Bill Gates montre qu'un homme riche peut changer son image, et beaucoup d'autres choses, dans un laps de temps assez court. L'homme d'âge moyen concerné par les décès dûs au paludisme et sur les moyens de le combattre, ou le fléau du VIH en Afrique, se trouve à des années-lumière du Rastignac moderne décrit par Allen : un cadre geek qui rôdait sur ​​le parking pour débusquer les employés tire-au-flancs qui osaient quitter le travail tôt.

Gates et Allen font tous deux partie des 60 ou plus très riches qui ont fait publiquement vœu de donner la plupart de leurs fortunes à leur décès (Gates est l’un des auteurs de ce projet). Or, avec cette pression sur les riches de faire de la philanthropie un impératif, il donne une chance réelle d'alléger quelque peu les souffrances  du monde qui peuvent être résolues par de l’argent. Et comme le disait Andrew Carnegie, un autre riche philanthrope : "Un homme qui meurt riche, meurt en disgrâce. "

 

  • Source:The New York Times
Share
PALMARES BEL20