Les énergies renouvelables sont-elles les seules à être subventionnées par le contribuable? |
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![]() Dans La Libre Belgique, Hugues Latteur, ingénieur commercial et coordinateur de Quest, le centre de qualité pour les énergies renouvelables, rapporte une conversation qu’il a eue avec son voisin, tandis que celui-ci lui faisait observer que ses panneaux solaires avaient été payés par la communauté. C’est vrai, concède-t-il, cela faisait partie de la politique de soutien des énergies renouvelables financée par le contribuable, dont la note s’est élevée à 489 millions d’euros en 2009. Mais au fait, se demande-t-il, qui paye vraiment l’énergie électrique, dans notre pays ? L’énergie nucléaire présente trois coûts non directement répercutés sur la facture du consommateur d’électricité, rappelle-t-il. Premièrement, les polices d’assurance payées par les opérateurs des centrales nucléaires sont limitées à 297 millions de dégâts par site, et en cas d’accident, tous les coûts excédentaires seraient mis à la charge de l’Etat. Pour Fukushima, Merill Lynch a estimé à 91 milliards d’euros minimum le bilan des dommages imputables à la catastrophe de la centrale. Deuxièmement, il indique qu’en absorbant près de 70% des budgets alloués à la recherche entre 1974 et 1999, le nucléaire a monopolisé l’attention des services publics au détriment d’autres pans de la recherche, comme les énergies renouvelables qui n’ont représenté que 5%. Enfin, les coûts du nucléaire escamotent la future obligation de démantèlement des centrales, et de retraitement des déchets, dont on n’évalue pas encore bien l’impact en termes financiers. Les exploitants ont l’obligation de constituer des réserves qui sont répercutées sur la facturation, mais il est difficile de prédire que ces réserves seront bien utilisées pour ces fins. En outre, les coûts de recyclage et de démantèlement ont énormément progressé ces dernières années, et leur diminution semble difficile à imaginer, alors qu’avec l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima, et la mise en place consécutive de nouvelles normes au plan européen, la tendance est plutôt au surenchérissement des retraitements du nucléaire. « La catastrophe de Fukushima a jeté une lumière crue sur le coût réel de l’électricité nucléaire », conclut Hugues Latteur.
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