La mort des cafés en France

Nathalie Guérin a ouvert son café il y a deux ans à Saulieu en Bourgogne, aujourd'hui elle est au bord des larmes, car proche de la faillite. « Les gens ne vont plus au café, ils ont peur du future et ça empire avec la crise économique, ils achètent plutôt une bouteille au supermarché et la boivent chez eux, mon affaire est en chute libre » nous dit Nathalie Guérin les yeux rougis.

Un changement d'habitudes dans un cadre de récession frappe durement les bars et les cafés de France.

« En 1960, on recensait 200'000 cafés dans le pays » affirme Bernard Quartier de la Fédération Nationale des cafés, brasseries et discothèques, « aujourd'hui on en compte à peine 41'000 et en moyenne deux par jour ferment leurs portes pour cause de faillite ! » Pendant les six premiers mois de cette année, le nombre de faillites dans l'industrie a augmenté de 56% par rapport à l'année passée selon une étude de Euler Hermes SFAC.

Les affaires sont mauvaises et continuent de dégringoler car les gens et les sociétés diminuent leurs budgets loisirs. A cela s'ajoute des changements d'habitudes et une prise de conscience de vouloir vivre plus sainement. Les français dépensent moins et boivent moins et  l'interdiction de fumer dans les endroits publics depuis le début de l'année, a grandement affecté la consommation dans les bars et les cafés. « La loi sur l'interdiction de fumer a fait chuter mon chiffre d'affaire de 20% » explique M. Mayeux, propriétaire d'un bar à Paris. « Avant les clients buvaient un café, fumaient une clope et commandaient un deuxième café, maintenant ils boivent leur café, vont fumer dehors et le plus souvent s'en vont » ajoute-t-il.

Gérard Renaud, propriétaire d'un restaurant à Marsannay-la-Côte s'afflige d'une perte de 30% sur son chiffre d'affaire. « Les gens ne mangent plus, ils viennent pour un café ou un apéritif et c'est tout. On était toujours plein, maintenant on se sent inactifs, c'est déprimant ! »

Daniel Perrey, cafetier à Crimolois, met la faute sur un changement des mœurs, « c'est triste, mais c'est la fin d'un mode de vie, culturellement on sent un changement. Les cafés sont comme des salons publics, sans café un village ou une petite ville perd de sa convivialité. On perd ses copains. Et puis les affaires sont souvent conclues au zinc d'un café. On doit faire attention, conclut M Perrey, si on standardise tout en France, on va détruire notre culture. » (photo)

The New York times

Share
NOMINATIONS
Peter Buis Peter Buis
Managing Director BCD TRAVEL
Jean-François Buysschaert Jean-François Buysschaert
Chief Operations Office... GROUPE FOUNTAIN
PALMARES BEL20