L'animation virtuose du Tintin de Spielberg donnerait-elle la chair de poule?

Après la question du battage médiatique parfois jugé très exagéré, le Tintin de Spielberg soulève un autre problème : les acteurs virtuels du films apparaissent trop réalistes. La peau de Tintin apparait étrangement lisse, avec des yeux inexpressifs et une sorte de raideur plastique. Malgré toute la virtuosité des studios Weta Digital, ou plutôt peut-être, à cause de cette virtuosité, le spectateur a parfois du mal à échapper à un malaise : celui de l’Uncanny Valley (la "vallée dérangeante").

Ce terme a été élaboré en 1970 par le roboticien japonais Masahiro Mori qui a le premier évoqué l’idée que des robots anthropomorphiques répliquant l’être humain de façon toujours plus réaliste risquaient d’atteindre le seuil de l’épouvante et du rejet. Cette notion a été rapprochée de « l’étrange étrangeté », un concept psychanalytique Freudien créé par Ernst Jentsch en 1906 qui évoquait déjà un objet animé dont on se demande s’il n’est pas vivant. Pour toute figure humanoïde, la réponse émotionnelle est positive et empathique, et nous nous sentons attirés par elle. Mais passé un certain seuil de réalisme, c'est-à-dire le point de départ de l’Uncanny Valley, les sentiments de sympathie laissent place à la répulsion. Le chercheur avait notamment évoqué le rejet des prothèses, des zombies, et des cadavres.

Avec les progrès incroyables réalisés dans le domaine de l’animation cinématographique, de plus en plus de films prendront le risque de faire basculer le spectateur dans cette vallée de l’angoisse.

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