Soutien de Merkel à Sarkozy: les éditorialistes sont sceptiques

Au lendemain du soutien de la chancelière allemande Angela Merkel à Nicolas Sarkozy, à moins de trois mois de la présidentielle, les éditorialistes de la presse quotidienne sont sceptiques quant aux gains à attendre de l'exercice.

Dans Le Figaro, Paul-Henri du Limbert estime que "l?époque où la France et l?Allemagne pouvaient mener des politiques divergentes sans que la qualité de leur relation en soit affectée est révolue. Angela Merkel et la classe politique allemande le savent. Il est dommage que François Hollande feigne encore de l?ignorer."

Selon Michel Guilloux (L'Humanité) au contraire dénonce "le programme du candidat Sarkozy, soutenu par le Medef français et le capital allemand (qui) s'inspire de recettes qui, paraît-il, ont fait merveille outre-Rhin". Le quotidien communiste remarque que "le peuple allemand n'a tiré nul avantage du +modèle+ mis en place".

La presse de province, préfère évaluer l'importance politique qu'il faut accorder à cet exercice, voire lequel des deux dirigeants a le plus besoin de l'autre.

Car, comme le souligne Le Midi libre, sous la plume de Yann Marec, "ce rapprochement de circonstance ... n?a qu?un seul but : servir les intérêts personnels des deux leaders européens".

Dominique Garraud, de La Charente Libre estime que "c'est évidemment la chancelière allemande qui mène la danse" car, assure Denis Daumin (La Nouvelle République) "jamais l'Allemagne n'a été aussi puissante et jamais, au fond, l'Europe n'a été plus allemande".

Pourtant, dans La Montagne, Xavier Panon remarque que la chancelière a besoin "de son partenaire français pour ne pas se retrouver seule face à la meute des Européens sans le sou". Ce que La République du Centre (Jacques Camus) dit aussi: "La chancelière a besoin de Nicolas Sarkozy pour échapper au reproche de "domination allemande".

Michel Urvoy, dans les colonnes de Ouest-France, estime qu'Angela Markel craint que François Hollande "crée un autre rapport de force en Europe et que ses thèses ne trouvent un écho en Allemagne où le débat sur les limites de l'austérité monte en puissance".

Mais, en revanche, "reste à savoir si notre président a vraiment intérêt à être sponsorisé de la sorte par la Maison Merkel", s'interroge Jean-Claude Souléry de La Dépêche du Midi.

Car comme Bruno Dive l'écrit dans Sud-ouest: "cette intrusion à gros sabots de la chancelière dans la campagne française ... risque de faire passer Nicolas Sarkozy pour un vassal plus que comme un allié" ou tout au moins comme "un candidat affaibli à la recherche d'un soutien" (Rémi Godeau, l'Est Républicain).

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