TNT: le CSA doit refuser les candidats qui ont rendu des fréquences, estime le patron de M6

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel ne devrait pas retenir dans le cadre de l'appel lancé pour six chaînes de la TNT la candidature des groupes qui par le passé ont rendu des fréquences, a suggéré lundi Nicolas de Tavernost, patron du groupe M6.

"Nous n'avons jamais rendu de fréquences. Nous les avons toujours exploitées", a dit lors d'un point de presse le président du directoire du groupe audiovisuel.

Le groupe M6 est propriétaire, entre autres, de W9, diffusée sur la TNT gratuite, ainsi que de Paris Première et TF6 (détenue avec TF1), chaînes de la TNT payante.

"J'observe que beaucoup de gens rendent des fréquences après les avoir demandées. C'est le cas de Lagardère et de AB1 qui, sans pudeur, sont candidats à de nouvelles fréquences", a déclaré M. de Tavernost.

La chaîne AB1, en 2008, et Canal J, en 2009, ont restitué leur autorisation de fréquence pour la TNT payante, en raison d'un coût de diffusion jugé trop élevé au regard des recettes liées à leur exploitation sur ce vecteur.

"Il n'y a pas une grande cohérence à rendre des fréquences (...) et puis aller se porter de nouveau candidat. Cela devrait poser problème sur la recevabilité même de ces candidatures", a insisté M. de Tavernost.

"NRJ a rendu une fréquence locale à Montpellier pour un euro, qui a ensuite été mise en faillite par le repreneur. Pendant ce temps là, il y a des candidatures qui ont été écartées", a rappelé M. de Tavernost.

"Dans l'examen des nouvelles candidatures (...) la recevabilité des candidats devraient être filtrée à l'aune de l'historique de ce que les groupes ont fait", a suggéré M. de Tavernost.

Un total de 34 dossiers ont été déposés mi-janvier en réponse à l'appel à candidatures pour l'attribution de six chaînes en haute définition sur la télévision numérique terrestre (TNT).

Le groupe M6 a déposé trois offres, de même que NRJ, alors que Lagardère propose un dossier de chaîne "féminine".

Parallèlement, M. de Tavernost a regretté que "plus personne" ne croie en la TNT payante et a redit sa frustration sur le refus du CSA, intervenu en décembre, de faire passer Paris Première sur la TNT gratuite.

"La TNT payante, plus personne n'a l'air d'y croire", a-t-il estimé.

"Je vois qu'on envisage de rendre des fréquences de TNT payante en grand nombre: TPS Star (Canal+), CFoot (Ligue de football professionnel). Et LCI (groupe TF1) avait fait la même demande que Paris Première de passer en gratuit", a rappelé M. de Tavernost.

Pour étayer son propos, il a également rappelé que tous les dossiers présentés à l'appel à candidatures du CSA portaient sur des chaînes gratuites. En outre, M. de Tavernost a déclaré que dans l'offre d'abonnement du groupe Canal+, "le bouquet TNT payante est commercialisé obligatoirement couplé avec la chaîne Canal+ et non pas de manière séparée".

La diffusion en TNT payante coûte six millions d'euros, respectivement, à Paris Première et TF6.

"Aujourd'hui, on met six millions d'euros dans le réseau de TNT payante au lieu de le mettre dans les programmes. TF6 est déficitaire uniquement à cause du coût de diffusion", a souligné M. de Tavernost.

Selon M6, seulement 500.000 foyers reçoivent la TNT payante.

"Je ne vois pas pourquoi Paris Première sera la seule à sauver la TNT payante", a-t-il lancé.

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