Les sites des quotidiens tablent sur le "Freemium", mélange gratuit/payant

Les sites d'informations des quotidiens nationaux en quête de rentabilité courtisent leurs abonnés avec une stratégie dite "freemium", qui panache espaces gratuit et payant, services personnalisés en prime.

"Freemium" est la contraction de "free" (gratuit) et "premium" (haut de gamme). Le Figaro, dernier en date a adopter cette stratégie, a dévoilé jeudi son offre payante. Le site lefigaro.fr aura désormais un premier espace gratuit (Connect), un deuxième espace baptisé Select (huit euros/mois) et son premium, intitulé Business, plutôt destiné aux professionnels (15 euros/mois).

La tendance générale des sites est de moduler les prix des abonnements pour des offres qui vont des informations ou des services les plus basiques aux plus privilégiés, voire une conciergerie comme dans les palaces.

Avec les offres les plus chères, les internautes peuvent programmer leur sommaire en fonction de leurs centres d'intérêts.

"Aujourd'hui il faut segmenter les offres", explique Eric Villemin, directeur des activités numériques aux Echos. Il faut "pouvoir offrir différents niveaux, notamment avec de l'information par secteur". Le quotidien économique a été précurseur du payant (dés son lancement en 1996) avec des offres allant de 15 à 29 euros par mois (combiné avec le quotidien papier). Lesechos.fr compte aujourd'hui plus de 25.000 abonnés payants.

Les abonnés aux services haut-de-gamme sont également conscients d'appartenir à une communauté: les éditeurs les encouragent à revendiquer leur qualité d'abonnés à tel ou tel site. Cercles ou clubs d'abonnés tendent à communautariser les internautes, les sites accueillent de véritables réseaux sociaux, style Facebook, permettant d'échanger entre abonnés.

Le Monde.fr, premier venu sur le net (avec Libération) en 1995, a attendu 2002 pour lancer son espace payant qui revendique aujourd'hui 100.000 abonnés. Libération.fr, passé au payant en septembre dernier, compte 4.500 abonnés. La Tribune a pour sa part été jusqu'à supprimer son éphémère édition papier du samedi pour la vendre en version numérique.

Pour Ludovic Blecher, directeur des éditions électroniques de Libération, la généralisation du payant doit être saluée: "On peut se féliciter que les différents acteurs se réconcilient en montrant qu'on fixe un prix à l'information, que l'information à un coût de production et un prix de vente".

Dans le bras de fer qui oppose les éditeurs en ligne aux moteurs de recherche, l'information payante "donne l'opportunité de mieux discuter avec Google ou Yahoo, notamment sur les questions de publicité, en montrant qu'on propose un modèle autre que le gratuit", selon M. Blecher.

Tous les sites d'information des quotidiens disposent de prolongement à travers des application pour terminaux mobiles type smartphone ou iPhone, mais, là, les choix diffèrent entre gratuit et payant. Les Echos, derniers cette fois à se lancer, doivent présenter leurs applications iPhone dans les prochaines semaines.

Tous les éditeurs travaillent sur les applications pour l'iPad, bien que la nouvelle tablette d'Apple ne soit pas encore commercialisée, et devraient les présenter d'ici la fin de l'année.

Pour Philippe Jannet, "internet ne sauvera pas le papier mais ne le tuera pas non plus". Les sites internet du Monde et de Libération sont les premiers pourvoyeurs de nouveaux abonnés aux quotidiens imprimés. Au Figaro, le figaro.fr est le deuxième vecteur d'abonnements.

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