Victoire des "déboulonneurs" antipublicité, relaxés pour la première fois

La 13e chambre du tribunal correctionnel avait cette fois à juger du barbouillage de cinq panneaux publicitaires sur les Champs-Elysées le 26 janvier 2008, sur lesquels les militants avaient écrit à la peinture rouge et noire des slogans tels que "stop à la propagande" ou "trop de pub".
En apposant leurs "messages" sur les panneaux commerciaux, les militants n'ont pas commis de "dégradation", mais ont exercé leur "liberté d'expression" qui "ne saurait constituer une infraction", a estimé dans son jugement le président du tribunal, Olivier Géron.
A l'audience, qui s'était tenue le 19 mars, des amendes avaient été requises: 3.000 euros contre Yvan Gradis, et 300 euros contre Athur Lutz, 29 ans. Six autres militants du collectif, qui n'étaient pas poursuivis au départ, s'étaient présentés au tribunal comme "comparants volontaires", mais le ministère public avaient requis pour eux la relaxe.
A l'audience, l'avocat du collectif, Me William Bourdon, avait vilipendé les politiques qui depuis des années, ne tiennent pas "leurs promesses" et cèdent aux "lobbies de l'affichage". Citant Bernanos - "il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre" - il avait demandé au président de relaxer tous les prévenus, pas des "délinquants", mais des "dissidents".
Le parquet n'a pas fait savoir immédiatement s'il comptait faire appel.
"Cela m'étonnerait, ce serait nous faire trop de publicité", a commenté Yvan Gradis.
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