Remise en liberté d'un ex-présentateur britannique qui avait abrégé la vie d'un amant

Ray Gosling, un ancien présentateur britannique arrêté mercredi après avoir reconnu qu'il avait mis fin aux jours d'un ancien amant en phase terminale du sida, a été remis en liberté jeudi, alors que s'amplifie le débat national sur le suicide assisté.

La police du Nottinghamshire (centre de l'Angleterre) avait arrêté le présentateur de 70 ans mercredi pour présomption de meurtre, alors que le parquet doit clarifier la semaine prochaine la législation sur le suicide assisté pour les malades en phase terminale.

Ray Gosling "a été remis en liberté. La police devrait procéder à d'autres vérifications", a indiqué Digby Johnson, l'avocat du présentateur de nombreux documentaires diffusés par la BBC.

Le présentateur "a fourni à la police beaucoup d'informations qu'elle doit à présent trier", a ajouté l'avocat, soulignant que son client était "ravi d'être sorti" de la détention provisoire mais épuisé.

Me Johnson avait indiqué jeudi matin que son client n'avait pas révélé à la police l'identité de l'homme qu'il a dit avoir aidé à mourir.

Lundi au cours d'une émission de la BBC consacrée au suicide assisté, Ray Gosling avait expliqué avoir abrégé les souffrances d'un homme hospitalisé dans un état grave dans un établissement non spécifié, "au tout début de l'épidémie de sida", probablement pendant les années 1980.

"Dans un hôpital, par une après-midi chaude, le médecin a dit +Nous ne pouvons plus rien faire+, et il souffrait terriblement, terriblement", avait raconté M. Gosling en cours d'émission. "J'ai dit au médecin +Laissez-moi seul juste un moment+ et il est parti. J'ai pris l'oreiller et je l'ai étouffé jusqu'à ce qu'il meure", avait-il poursuivi.

Dans un entretien mardi sur la BBC, il a expliqué avoir passé un "pacte" avec son ancien amant: "Nous avions un accord en vertu duquel si cela devait en arriver là, je mettrais un terme à sa vie et c'est ce que j'ai fait".

En vertu d'une loi datant de 1961, le suicide assisté est illégal en Angleterre et au Pays de Galles, et passible d'une peine maximale de 14 ans de prison.

La justice britannique avait clarifié temporairement en septembre l'application de la législation, en soulignant que les personnes aidant un parent à se donner la mort pourraient ne pas être poursuivies si ce geste était motivé par la compassion et si le souhait du malade ne faisait aucun doute.

Le parquet britannique doit publier jeudi prochain des recommandations définitives sur les circonstances dans lesquelles le suicide assisté peut faire l'objet de poursuites judiciaires.

Le responsable des poursuites s'était vu demander par les Law Lords, la plus haute instance judiciaire britannique, de préciser la loi après l'examen de l'appel de Debbie Purdy, une Britannique atteinte de sclérose en plaque qui envisageait une euthanasie en Suisse.

Après avoir perdu plusieurs appels, Mme Purdy s'était pourvue devant les Law Lords pour savoir si son mari, le violoniste cubain Omar Puente, risquait d'être poursuivi s'il l'aidait à se rendre en Suisse pour être euthanasiée.

L'écrivain britannique Terry Pratchett, atteint d'Alzheimer, a quant à lui proposé début février la mise en place de tribunaux ayant le pouvoir d'autoriser les proches de malades incurables à les aider à mettre fin à leurs jours.

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28/12/2011 17:38